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[Littérature] Yuletide Terror: la relation complexe entre Noël et l'horreur
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Chaque publication de la minuscule maison d’édition canadienne Spectacular Optical est un événement à souligner. Spécialisée dans l’édition d’ouvrages culturels de niche comme Kid Power et Satanic Panic, elle a mis les bouchées doubles en s’attaquant à un sujet de taille dans son plus récent ouvrage au titre équivoque Yuletide Terror: Christmas on Horror Film and Television. Devant la qualité et la quantité du contenu, les amateurs de théorie et d’histoire ont de quoi danser autour du vert sapin, surtout considérant la présentation impeccable soutenue par une centaine d’images en noir et blanc, une section centrale en couleur et une compilation de plus de deux cents résumés critiques de films thématiques.

Édité par Kier-la Janisse et Paul Corupe, Yuletide Terror est composé de plusieurs dizaines d’analyses de films, de téléfilms ou d’épisodes de série, de textes au contenu plus informatif et historique et d’entrevues. Évidemment, impossible de ne pas aborder des films où Noël est au coeur du récit comme Black Christmas, Krampus, Better Watch Out ou A Christmas Horror Story. Le lien avec les Fêtes de certaines œuvres au corpus est parfois plus ténu: pensons à P2, Eyes Wide Shut, À l’intérieur, Calvaire… Les épisodes thématiques d’anthologies télévisées comme Black Mirror ou The Twilight Zone ne sont pas en reste. Enfin, Yuletide Terror se penche même sur certaines curiosités comme Santa Claus Conquers the Martians!

Les éditeurs ont rassemblé une impressionnante brochette d’auteurs bien connus du monde de l’horreur comme Zack Carlson, Andrea Subissati, Stephen Thrower, Michael Gingold et bien d’autres.

Un ouvrage aussi exhaustif sur un sujet somme toute assez obscur justifie la présence de chapitres sur des sujets et des œuvres méconnues, qui, en nous faisant découvrir du nouveau matériel et en nous amenant dans des directions inattendues, offrent pour la plupart une lecture des plus intéressantes. Parmi ceux-ci, notons l’essai de Florent Christol sur la figure du bouc émissaire dans Christmas Evil. La contribution d’Owen Williams, qui nous fait découvrir l’étrange série télévisée britannique The League of Gentlemen, et celle de Diane A. Rogers sur le téléfilm de folk horror Robin Redbreast, paru sur BBC1 en 1970, valent aussi le détour. En fait, les Anglais étant beaucoup moins frileux que les Nord-Américains quand vient le temps de mêler horreur et Noël, Yuletide Terror nous transporte souvent au pays de Shakespeare. Dans une série de textes aussi enrichissants les uns que les autres, Derek Johnston se penche sur la tradition britannique de raconter des histoires de fantômes pendant les Fêtes, Kier-la Janisse dresse un survol des éditions du traditionnel A Ghost Story for Christmas de la BBC et Leslie Hatton explore les nombreuses adaptations du conte A Christmas Carol de Charles Dickens.

Parmi les interviewés, relevons notamment la charmante Gilmer McCormick (Sister Margaret dans Silent Night, Deadly Night), Alain Lalanne (le jeune Thomas dans 3615 code Père-Noël) et Lewis Jackson (réalisateur/scénariste de Christmas Evil). Robert Morin est aussi interrogé au sujet de Petit Pow! Pow! Noël et, même si l’entrevue est assez révélatrice, le film aurait mérité une analyse en bonne et due forme…

Bien sûr, impossible de ne pas aborder le Krampus. Paul Corupe remonte aux origines du mythe pour nous présenter la créature dans son authenticité, sans les altérations que sa récente popularité en Amérique du Nord a apportées. Par exemple, saviez-vous qu’il n’y avait pas un seul Krampus mais plusieurs? Et que, loin d’en être les ennemis jurés, ils travaillaient de concert avec Saint-Nicolas? D’ailleurs, puisque Noël est dérivé de festivités du solstice d’hiver, il n’est pas surprenant que sa célébration à travers les âges et les cultures ait donné naissance à une profusion de créatures semblables au Père Noël et à Krampus, comme La Befana en Italie et les Kallikantzaros en Grèce. Malheureusement, le chapitre leur étant consacré est le plus faible du lot et parait désorganisé, possiblement en raison de l’étendue du matériel à couvrir.

Même s’il est légèrement victime de son ambition en s’attaquant à un sujet monumental qu’il ne peut couvrir dans toute sa profondeur, Yuletide Terror est un ouvrage de référence qui mérite amplement sa place dans la bibliothèque des cinéphiles. Attendez-vous à émerger de votre lecture avec une liste bien étoffée d’œuvres obscures à visionner sans plus tarder!

Rendez-vous ici pour mettre la main sur votre copie.

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