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[⏪ On rembobine] Leprechaun in the Hood: Straight outta Compton
NOTE DE RECOMMANDATION IRONIQUE7
2.5Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (2 Votes)
1.2

Attention: La série des Leprechaun ne contient aucun réel bon film. Cela dit, elle n’est pas à rejeter pour autant. Certains projets s’apprécient tout simplement sur une autre échelle de valeur plus ironique. Aussi, cette chronique affichera deux notes. Une sera plus objective et l’autre mettra de l’avant l’intérêt risible du film comme argument.

Quand trois jeunes rappeurs en herbe décident de voler l’argent d’un pimp, ils libèrent accidentellement un farfadet qui commence à semer la terreur dans le ghetto. Réussiront-ils à lui échapper, à éviter la colère des gangs de rue et à faire carrière dans l’industrie musicale en gagnant un concours?

Cinquième volet de la saga, Leprechaun in the Hood est une des bizarreries à la Space Jam dont seules les années 90 ont le secret. Nous avons un personnage issu du folklore irlandais dont aucun des films ne s’est pour le moment déroulé ne serait-ce qu’en Europe et où l’amène-t-on? À Compton en Californie, dans le ghetto! Les jeunes aiment le «gangsta rap», ils iront voir notre film si on référence cet univers! On va mettre Ice-T comme antagoniste aussi, les jeunes aiment bien Ice-T! On va aussi faire apparaître Coolio et avoir des rappeurs comme personnages principaux! Ça va être génial!

Après l’opus «in space», le farfadet revient donc sur Terre avec tous les clichés vaguement blaxploitation des années 90. On a le méchant pimp, les jeunes bien intentionnés forcés vers le crime, les rap battles, les menaces au Uzi et tout ce que l’on peut imaginer d’autre en lien avec cet univers. Pas mal pour un film sorti en 2000; il était déjà dépassé avant même de toucher les étagères des club-vidéos…

Pour en parler un peu plus longuement, disons que le métrage est assez étrange. Comme pour les autres épisodes, ce film ne s’inscrit dans aucune continuité, mais débute avec des images du second volet. De plus, on réutilise comme moteur du scénario le principe du collier qui transforme le lutin en pierre introduit par le Leprechaun 3. On a donc droit à un peu de familier pour la première fois de la saga et cela, mine de rien, aide à comprendre les enjeux rapidement. Toutefois, avoir des enjeux est une chose, mais les respecter en est une autre.

Le talent de mélanger les tons dans une histoire n’est visiblement pas donné à tout le monde. Si les précédents opus de la série se gardaient de tels problèmes en conservant une ambiance bon enfant, le Leprechaun 5, lui, va dans tous les sens. Ne sachant visiblement pas s’il veut être une comédie avec le farfadet qui fume des joints et fait du rap ou un drame violent avec la mort tragique de deux des protagonistes, qu’on traite avec une certaine gravité, cet épisode nous fait nous questionner constamment sur ce que l’on regarde. Ce sentiment se maintient puis s’accentue tout au long du film qui bénéficie, en plus, d’un montage catastrophique soulignant l’absurdité de la structure du récit. En 2000, le coup du double-cauchemar était déjà un cliché, tout comme le fait de tromper qui que ce soit en déguisant en femme des jeunes musclés et barbus.

Mais ce n’est pas comme si la saga nous avait habitués à mieux depuis le temps et toute cette paresse de conception est en partie pardonnée, comme d’habitude, grâce à la performance de Warwick Davis. Plus que jamais, les scènes de l’abominable lutin sauvent le film de sa propre médiocrité. Davis offre ici une de ses meilleurs versions du personnage, qui ne parle qu’en rimant et qui développe une attitude de proxénète qui, aussi improbable cela puisse paraître, lui va vraiment bien. Mentionnons également que pour la première fois, le leprechaun gagne à la fin. On se sauve donc de la formule habituelle, ce qui rend le film un brin plus mémorable.

« A friend with weed, is a friend in deed. But a friend with GOLD is the best i’m told! »

De plus, avec une prémisse d’aventures du farfadet dans le ghetto, le projet se hisse facilement vers des sommets d’absurde qui valent le détour. Mention spéciale aux scènes en lien avec le vendeur chinois qui échouent tellement lamentablement à être drôles qu’elles le deviennent presque. Soulignons également le trio de personnages principaux, tellement têtes-à-claques et insupportablement naïfs qu’ils en deviennent presque attachants. On veut les voir mourir, mais moins que d’autres…

Bref, à mettre entre les mains de ceux qui ont encore un peu de matière grise après le visionnement du reste de la saga. Un échec formel sur tous les plans, mais qui se laisse quand même apprécier tant il est surréaliste et raté. Puisqu’on apprécie voir Davis chercher son or dans le ghetto, on ne peut qu’en redemander au final. À demain pour Leprechaun 6!

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