Trench 11: entrevue avec le cinéaste canadien Leo Scherman

Le cinéaste canadien Leo Scherman nous offrira dès vendredi en exclusivité au Cinéma Cineplex Odeon du Quartier Latin son nouveau Trench 11. Entre ses trois long-métrages et son implication à la télévision, Horreur Québec a souhaité discuter avec ce créateur, grand fanatique de cinéma d’épouvante:


Poster Trench 11

Horreur Québec: Combien de temps a duré le tournage et ou exactement avez-vous tournée?

Leo Scherman: Le tournage a duré 19 jours et nous avons tourné à Winnipeg et au Manitoba.

HQ: Dans votre film les décors sont un personnage. Pouvez-vous nous parler de cette expérience dans les tunnels?

LS: Oui. Le film a lieu dans une base allemande et les décors étaient un de nos personnages. Je voulais qu’on ressente l’étouffement d’une maison hantée, ou même celui d’un vaisseau spatial. C’est un labyrinthe de tunnels souterrains. En même temps, je voulais que ça soit réaliste. Le film n’est pas un documentaire, mais il a une facture historique. Nous avons fait des recherches.

 HQ: Vous êtes l’un des scénaristes. Pourquoi la première guerre mondiale?

LS: Il n’y a pas beaucoup de films d’horreur qui traitent de la première guerre et je ne sais pas pourquoi. Ce fut pourtant une période étrange et on a souvent utilisé la seconde guerre, ou même la guerre du Vietnam, mais moins la première. Il faudrait voir si les Européens ont fait des tentatives. En tant que Canadien, j’ai trouvé fascinant d’en parler.

HQ: Il paraît que vous avez travaillé avec Paul Schrader et David Cronenberg lors de votre formation. Pouvez-vous nous en parler?

LS: Ils sont des mentors. En même temps, je me demande comment un cinéaste de genre canadien peut ne pas être influencé par Cronenberg. Il a beaucoup apporté au body horror; les virus et les infections… J’ai utilisé certains effets old school comme Cronenberg le faisait. C’est plus que cela tout de même. Ses films ont toujours des personnages intéressants et il prend son public au sérieux. Il obtient des performances magnifiques de grands acteurs. Son approche à ces niveaux m’influence autant que son habileté dans le genre.

HQ: J’ai aussi l’impression que comme Cronenberg vos monstres sont des allégories pour parler d’idées plus dramatiques.

LS: Tout à fait. Chez Cronenberg, les maladies ou les monstres sont des métaphores. Dans notre cas, l’infection a été élaborée par les Allemands et ça devient hors contrôle. Le virus peut se propager, comme la première guerre l’a fait d’un pays à l’autre. Dans mon film, le virus pousse les hommes à s’entretuer. La maladie qui crée la folie n’est rien d’autre que cette guerre. Quand on y repense l’Allemagne, l’Angleterre et l’Italie sont si proche les uns des autres. Leurs familles royales sont reliées les unes aux autres. Comment cette guerre est arrivée? C’est comme s’ils avaient attrapé un virus et qu’ils étaient tous devenus fous. Ça n’a pas de sens.

Trench 11 Rossif Sutherland

HQ: L’ouverture de votre film nous montre une histoire d’amour entre Karine Vanasse, qui joue une Française, et votre personnage canadien qui parle anglais. La scène est magnifique et une série de sous-textes peuvent se lire dans votre utilisation des langues. Ce segment montre presque que l’amour n’a pas de frontières.

LS : Oui, vous avez raison. C’est pour cette raison que je souhaitais avoir des acteurs dont la langue maternelle est celle de leur personnage. Karine Vanasse et Rossif Sutherland avaient déjà travaillé ensembles, donc ils se connaissaient. Ils avaient une chimie ensemble. J’ai lutté pour qu’on garde la scène, car à certains moments, on me disait que je devais l’enlever. Je suis très heureux que vous l’ayez aimée.

HQ: Vous avez travaillé dans le genre à la télé et vous faites maintenant des thrillers et de l’horreur au cinéma. Aimez-vous à ce point effrayer les gens?

LS: Oh oui! (Rires)

HQ: Est-ce que vous trouvez ça plus facile au cinéma ou à la télé?

LS: Je ne sais pas trop. J’aime penser que c’est plus simple au cinéma. J’ai l’impression qu’être dans une salle de cinéma est plus immersif que d’être dans notre salon. En répondant à votre question, j’y repense et je me dis que c’est peut-être plus simple à la télévision. Il n’y a pas de fatiguant dans le public. En plus, nous sommes isolés lors d’un film à la maison. Quelques amis et des membres de la famille peuvent y être avec vous, mais ce n’est pas une foule. Les écrans sont de plus en plus grands dans les salons.

HQ: Vous avez travaillé pour la chaîne Syfy et nous venons de publier un article sur le phénomène Sharknado qui est aux antipodes de Trench 11. Vous pensez quoi de ces films?

LS: Syfy a un très grand public et les gens de la chaîne connaissent ce dernier. Quelque part, Sharknado est peut-être un descendant de certains films de Roger Corman. Tous ces films sont là pour le plaisir. Même si certaines productions de Syfy sont plus sombres, le ton cherché est davantage l’humour.

HQ: Raven Banner aide plusieurs films canadiens indépendants. Comment les choses se sont passées avec eux?

LS: Ils étaient les partenaires parfaits pour notre projet. On a eu des discussions avec d’autres distributeurs sans conclure. Dès le départ, ils ont compris le film que je voulais faire. Ils font tous des films et je crois qu’au Canada ils sont les meilleurs pour le genre. Ce sont des cinéastes. Ils aiment les mêmes films que nous. Quand je parlais avec eux de mes références, ils saisissaient parce qu’ils aiment les mêmes films. On n’a aucunement l’impression de discuter avec des comptables. Ils parlent le même langage. Ils permettent aux réalisateurs de faire les films qu’ils veulent.

HQ: Que diriez-vous aux gens qui vont voir le film?

LS : Je pense que le film est divertissant, que les acteurs sont bons et que les personnages sont intéressants. Le film a quelque chose à dire.

HQ : Avez-vous des projets futurs?

LS : J’ai plusieurs films en développement dont un thriller hystérique. Je souhaite faire un film avec un tueur en série et des meurtres violents.


Nous vous encourageons à voir Trench 11, qui prendra l’affiche ce vendredi 31 août au Cinéma Cineplex Odeon du Quartier Latin, pour une semaine seulement, et paraîtra en vidéo sur demande le 4 septembre prochain. Nous espérons nous entretenir à nouveau avec son cinéaste, pour l’un de ses prochains projets.

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