[Critique] #Alive: toute ressemblance avec des événements réels serait purement fortuite

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Note Horreur Québec

Peninsula n’est pas le seul film de zombies sud-coréen à débarquer chez nous cette année. Disponible en exclusivité sur Netflix au Canada, #Alive nous fait vivre les premières heures de l’apocalypse aux côtés d’Oh Joon-woo. Jeune homme solitaire abonné aux technologies dernier cri, notre protagoniste habite un immense complexe d’appartements qui sera mis en état de siège par une armée de morts-vivants en l’espace de quelques minutes. Coincé chez lui, Oh Joon-wo tente de survivre et surtout d’entrer en contact avec les restants de l’humanité.

#Alive reconfirme le sens inné du divertissement que possède le cinéma coréen moderne. Les qualités esthétiques de l’oeuvre sont impressionnantes et le film ne perd pas une seconde pour entrer dans l’action. À peine fait-on la connaissance d’Oh Joon-wo et de son environnement que le bordel éclate. Notre protagoniste lutte bientôt pour sa vie contre un mastodonte putréfié, tentant de lui bloquer l’accès à son appartement avec un réfrigérateur… et le stress est aussitôt à son comble! Très semblables à ceux de Train to Busan, les zombies nous paraissent dangereux. Ils se meuvent à toute vitesse dans une inquiétante démarche saccadée.

Le cinéaste Il Cho, dont il s’agit du premier long-métrage, a un talent évident. Il sait faire grimper la tension en l’espace de quelques plans et renouvelle constamment la pression dans le petit appartement d’Oh Joon-woo grâce à une série de péripéties de plus en plus périlleuses. La gestion de l’espace est très efficace, profitant de la cour intérieure du bloc où se déroule l’action pour créer des contrastes prenants. Le film oscille entre moments d’émotion et tentatives de notre protagoniste à se sortir du pétrin avec un sens du rythme parfait.

Tout comme Host et She Dies Tomorrow plus tôt cet été, #Alive touche au zeitgeist avec son récit de confinement, de solitude et du désespoir qui vient avec. Bien sûr, la production a pris place avant le début de la pandémie de COVID-19. L’intrigue s’intéresse plutôt au paradoxe de la solitude croissante dans un monde hyper connecté. Le mode de vie d’Oh Joon-woo l’a entraîné vers une forme moderne d’ermitage au beau milieu d’une mégalopole grouillante de monde.

Le comédien Yoo Ah-in, qu’on découvrait en 2018 dans le chef-d’oeuvre Burning, rend très bien ce personnage d’introverti urbain qui perd ses repères lorsque son environnement usuel s’avère désuet tant pour l’aider à affronter les morts que pour communiquer avec les vivants. La première moitié du film repose sur les épaules de l’acteur, qui recrée de manière convaincante le désespoir croissant dans lequel s’enfonce son alter ego.

Contrairement au film français La nuit a dévoré le monde, qui avait déjà abordé une prémisse semblable, #Alive nous sert une balle courbe en milieu de récit qui ajoute de l’espoir à son intrigue… et aussi beaucoup, beaucoup de péripéties. Celles-ci poussent l’oeuvre vers le territoire du film d’action, de la romance… et l’amènent aussi à flirter par moment avec certains clichés inéluctables du film de zombies.

Dans un été qui a cruellement manqué de blockbusters, #Alive nous fait renouer avec ce que l’on apprécie dans ce genre de films. Des sensations fortes, de l’émotion, du fun. Le tout dirigé de main de maître par un jeune cinéaste qui a le sens du divertissement. À voir pour entamer du bon pied la saison de l’horreur.

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