[Critique] Becky: œil pour œil

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4
Note Horreur Québec

Becky, une jeune fille de 13 ans, a récemment perdu sa mère, emportée par un cancer. Une forte rage l’habite depuis, ce qui complique sa relation avec son père, Jeff. Lors d’un séjour dans leur maison de campagne en compagnie de Kayla, sa nouvelle copine, ainsi que le fils de cette dernière, Jeff annonce une grande nouvelle à Becky: Kayla et lui ont l’intention de se marier. Becky prend très mal la nouvelle et quitte brusquement le repas pour aller s’isoler avec son chien dans une petite cabane dans les bois. C’est le moment que choisissent quatre fugitifs pour se pointer à la maison de campagne et prendre en otage la famille reconstituée. Becky n’a pas l’intention de rester les bras croisés, surtout qu’elle a en sa possession une étrange clé que le chef des malfrats tient absolument à récupérer.

Becky affiche filmBecky est une merveilleuse surprise, co-écrite par le Néo-écossais Nick Morris. En plus d’être un home invasion vraiment efficace, le scénario propose des personnages vachement bien définis et d’une profondeur psychologique incontestable; des qualités qui s’appliquent même aux deux méchants principaux. Les enjeux dramatiques sont d’ailleurs très bien établis dès le départ, ce qui nous permet d’être touché par le deuil vécu par Becky et son père, et de s’attacher immédiatement aux personnages avant que l’horreur surgisse dans leur vie. La réalisation de Jonathan Milott et Cary Murnion (Cooties) est inventive et nous propose entre autres des constructions narratives élégantes, comme durant l’introduction dans laquelle on observe en parallèle Becky à l’école et les fugitifs en prison.

Les références sont nombreuses dans Becky, mais elles ne sont aucunement forcées. On pense entre autres à Die Hard, avec une McClane féminine à peine pubère, à Home Alone, mais également à des films comme I Spit on Your Grave (les viols en moins). Lulu Wilson, que les amateurs de films d’horreur ont pu voir dans Annabelle: Creation et Ouija: Origin of Evil, impressionne dans le rôle-titre. Plus surprenant encore, c’est Kevin James (eh oui, l’interprète de Paul Blart) dans un contre-emploi qu’il interprète à merveille; celui du chef des truands, membre des fraternités aryennes, barbu et recouvert de croix gammées. Le choix décuple la tension dans le film, puisque Kayla (Amanda Brugel) et son fils sont noirs. Soulignons également la présence de l’ancien lutteur acadien Robert Maillet (300, Deadpool 2), qui parvient à être touchant malgré ses capacités de jeu limitées en interprétant l’un des bad guys (tout est possible lorsqu’un rôle est bien écrit et qu’un acteur est bien dirigé).

Becky image film
Ainsi, Becky est tout simplement la meilleure proposition horrifique de 2020 que l’auteur de ses lignes a eu la chance de voir jusqu’à maintenant. Un film simple et aux ambitions modestes, mais qui parvient à jouer son rôle à la perfection: nous divertir tout en proposant un personnage de femme (ou plutôt de fille) très loin des stéréotypes du genre, un peu comme l’excellent Revenge en 2018. Inutile d’en rajouter, vous avez compris que Becky est un film incontournable de ce printemps et que vous devez le voir absolument.

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