chernobyl

[Critique] Chernobyl: cet été, vos cauchemars carbureront au nucléaire

Note des lecteurs5 Notes
4.5
Note Horreur Québec

HBO a drôlement bien choisi son moment pour accoucher du successeur de Threads et The Day After.

À leur sortie, ces deux téléfilms ont eu un tel impact sur le public qu’ils auraient même contribué à changer la politique militaire états-unienne. Parfois, l’horreur pure est la seule chose qui pousse à l’action. Chernobyl semble vouloir employer le genre à cette fin, en nous proposant l’autopsie traumatisante d’une apocalypse man-made et en traçant plusieurs parallèles inquiétants avec notre époque.

Dans la nuit du 26 avril 1986, en Ukraine, une explosion secoue la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ce qui est d’abord présenté comme un banal incendie pour ne pas créer de panique s’avère l’explosion d’un réacteur à fission nucléaire, qui libère une quantité astronomique de radiations dans l’air. Les autorités sont en déni sur l’ampleur de la catastrophe, au coût de la vie de nombreux premiers répondants. Bientôt, il devient évident que le réacteur n’arrêtera pas de brûler de sitôt et que si certains intervenants ne trouvent pas une solution, l’Europe entière pourrait être décimée…

Chernobyl affiche filmLes amateurs de cinéma catastrophe n’ont pas eu droit à une oeuvre aussi emballante depuis une éternité. Le format de mini-série en 5 épisodes aide à sortir des clichés et archétypes trop souvent vus dans les films du genre. La durée permet d’explorer les ramifications du désastre et les politicailleries entourant sa gestion.

Le scénariste Craig Mazin (Scary Movie, The Hangover) s’empare du zeitgeist en racontant une histoire vieille de 30 ans sur un désastre qui a déstabilisé l’URSS. Ce qui aurait pu se limiter à une série historique sur les failles du communisme profite de sa tribune pour aborder des thèmes très actuels: cataclysme environnemental imminent, société de la post-vérité, inconséquence des élites politiques…

Dans les rôles du chimiste Valery Legasov et du politicien Boris Shcherbina, Jared Harris et Stellan Skarsgård sont excellents. Les efforts de leurs personnages pétris de contractions pour nettoyer le dégât monstrueux créé par leurs compatriotes sont la ligne directrice de la série.

Le cinéaste Johan Renck nous emmène dans les boyaux éventrés de Tchernobyl, aux côtés des pompiers/mineurs/soldats qui ont donné leur vie pour en sauver des millions d’autres. Les radiations, ça ne vous fait pas peur? Ça va changer. Les compteurs Geiger affolés, les gémissements de la tôle et la pluie de radiations devraient suffir à inquiéter les hypocondriaques. Pour les autres, il y aura ces effets spéciaux dégueulasses qui rivalisent avec les pires créations des films de Cronenberg… Excepté qu’ici, rien n’est inventé.

C’est sans doute ce qui marque le plus avec Chernobyl. On ne peut pas éteindre son téléviseur et se réfugier derrière l’idée que tout ça n’est qu’une fiction. Le cauchemar est bien réel et il n’a besoin que d’une petite baisse de garde collective pour se reproduire. La série nous met devant le peu de contrôle que nous avons en tant que citoyen et nous invite à se battre pour éviter l’érosion sociale qui permet ce genre de catastrophe.

«Chaque mensonge est une dette contractée auprès de la vérité», déclare un personnage. «Et un jour ou l’autre, la vérité demandera à être remboursée intégralement». Que peut-on ajouter à une des leçons les plus vitales de notre époque?

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