enys men

[Critique] Enys Men: une brise d’horreur folklorique insaisissable

Enys Men signifie «île de pierre» en cornique, et renvoie directement à l’île ainsi qu’au monticule de pierres étranges qui se retrouvent au cœur du nouveau film de Mark Jenkin (Bait), présenté en première mondiale à la Quinzaine des Cinéastes de Cannes l’an dernier. On aborde le sujet parce que vous aurez besoin de tous ces petits indices supplémentaires pour peut-être déchiffrer ce nouveau morceau d’horreur folklorique plutôt énigmatique.

En 1973, sur une île au large de la côte des Cornouailles au Royaume-Uni, une femme étudie avec grand soin une fleur rare jusqu'au jour où l'équilibre de l'environnement qui l'entoure se retrouve perturbé.
Enys Men affiche film

Sans véritables dialogues, Enys Men est une expérimentation minimaliste qui s’articule davantage autour de l’atmosphère étrange qui règne sur cette île. La première moitié observe méticuleusement la routine de cette femme qui s’affaire, jour après jour, à observer cette gerbe de fleurs, alors qu’une poignée de pistes font état du passé sombre des lieux.

C’est lorsque le concept de temps s’effrite à mi-chemin qu’Enys Men propose une expérience un peu plus singulière. Une sorte de casse-tête se met ainsi en place devant nos yeux, alors que le montage semble entremêler les différentes époques qu’a connu l’endroit, seulement le but du jeu n’est pas nécessairement de le résoudre. Les cinéphiles qui n’ont pas besoin d’avoir toutes les réponses apprécieront ainsi davantage la promenade qui peut s’avérer aride par moments.

Filmée dans un magnifique 16mm où les imperfections servent au charme des images, l’esthétique de la production qui semble littéralement avoir été tournée dans les années 70 est bluffante. La réciprocité entre certaines couleurs et le choix des cadrages offrent une poignée de repères, mais au final, seul le cinéaste semble véritablement détenir la clé de l’énigme.

Que ce soit November, You Won’t Be Alone ou encore The Feast, l’horreur folklorique demeure encore aujourd’hui un terrain fertile idéal pour l’expérimentation cinématographique, et les cinéphiles peuvent s’en réjouir. Si le format «trop abstrait» d’Enys Men nous empêche de véritablement connecter avec son sujet, le film s’inscrit tout de même définitivement dans cette magnifique tendance.

Enys Men est présenté en exclusivité au Cinéma du Parc de Montréal dès le 31 mars et arrive sur demande le 18 avril.

Note des lecteurs1 Note
Points forts
L'expérimentation folklorique
Les images
L'essai quasi-philosophique sur la notion de temps
Points faibles
Plus intrigant que véritablement effrayant
Le résultat trop énigmatique
3
Note Horreur Québec
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