[Critique] Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile: le Bohemian Rhapsody de Ted Bundy

Note des lecteurs9 Notes2.35
0.5

Après une bande-annonce frôlant le mauvais goût et un documentaire à l’intérêt discutable, le biopic sur Ted Bundy arrive enfin sur Netflix en ce début du mois de mai. Mettant en vedette Zac Efron dans le rôle du meurtrier, le film de Joe Berlinger (aussi derrière Conversation with a killer: The Ted Bundy Tapes) se vend comme une relecture du mythe de Bundy selon le point de vue de son ex-fiancée Liz Kloepfer, interprétée par Lily Collins.

Disséquer le film est compliqué. Compliqué parce que plus de 30 femmes sont mortes sous les coups violents d’un psychopathe narcissique qui voulait plus que tout attirer l’attention. Compliqué parce qu’on ne peut pas filmer la vie d’un des maniaques les plus notoires du 20e siècle comme on filme la vie de Freddie Mercury. Compliqué aussi parce qu’il est évident que Bundy sourirait de voir ce long-métrage.

Oui, Zac Efron est bon et oui, le tout se laisse regarder. On comprend les intentions du réalisateur de montrer ce tueur atypique devenu sympathique sous la lentille des médias et le film réussit à jouer avec son auditoire sur cet élément. Il est évident que les artisans ne voulaient pas glorifier Bundy, mais comme bien souvent, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Voulons-nous, en tant que société, encourager ce type de projet où l’assassin de Kimberly Leach, une fillette de 12 ans retrouvée torturée et mutilée, est mis en scène comme une sorte de rock star bellâtre au sourire charmeur? Bundy n’était pas un canon de beauté, pas plus qu’il n’était le jeune mec intelligent dont rêvent les beaux-parents. Bundy était un manipulateur efficace, mais assez stupide pour croire qu’il pouvait tout éviter en souriant à la caméra. Il n’était pas capable d’amour, malgré ce que le film laisse croire; seulement de s’en créer l’apparence. Son destin ne mérite pas un nouveau projet de métrage.

Surtout que cette nouvelle adaptation, malgré ce que sa communication laissait entendre, ne se concentre pas vraiment sur Liz ou les victimes, qui sont absolument absentes du film jusqu’aux cinq dernières minutes. Ce n’est pas l’histoire du point de vue de la survivante, il s’agit d’un greatest hits des apparitions de Bundy dans les médias. Tout comme Bohemian Rhapsody filmait Live Aid à l’identique avec des doublures, Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile filme Zac Efron recréer les joutes verbales abondamment vues entre Bundy et ses juges. L’intérêt? On le cherche encore et ce malgré le fait que Lily Collins affirme avoir reçu la visite de fantômes des victimes du tueur venant la remercier de raconter leur histoire (oui, elle l’affirme en entrevue!). Ce film n’apportera la paix qu’à ceux qui avaient besoin d’un fix des abdominaux de Zac Efron.

Bref, un projet vide qui glorifie insidieusement un tueur en manque d’attention et qui éclipse totalement la violence de son sujet dans la volonté de créer une parabole ratée sur les médias et sur l’image. Les masses de victimes de Bundy demeurent silencieuses alors que leur bourreau devient de plus en plus sexy et immortel.

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