[Critique] Fantasy Island: l’île aux mille et une conneries

Note des lecteurs3 Notes
1.5
Note Horreur Québec

Depuis le succès surprise de Get Out en 2017, on a l’impression que le nom de Blumhouse est associé à un certain gage de qualité dans les médias. Même que la célèbre compagnie de production de Jason Blum ne manque pas maintenant d’apposer son nom aux titres de certains de ses films pour en faire la promotion. On semble toutefois oublier que le studio est également responsable des plus grands navets d’horreur des dernières années à avoir vu le jour en salle: Truth or Dare, The First Purge, Black Christmas (2019), pour ne nommer que ceux-ci. Blumhouse’s” Fantasy Island s’ajoute maintenant à la liste, qui s’allonge dangereusement.

Après avoir gagné un concours, cinq individus débarquent sur une île mystérieuse où le propriétaire, Mr. Roarke (Michael Peña, American Hustle), promet de réaliser leur rêve le plus fou. Mais alors que les visiteurs vivent leur fantasme, les événements ne se déroulent pas comme ils l’auraient souhaités.

Fantasy island affiche filmLe pire, c’est que la première partie de Fantasy Island se regarde bien. On suit à tour de rôle les personnages dans l’évolution de leurs souhaits de manière assez divertissante, comme si on suivant quatre petites histoires différentes à la Black Mirror. La réalisation de Jeff Wadlow (le susmentionné Truth or Dare) est sans grande inspiration et appuie sur tous les clichés du genre, mais a toutefois le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux. L’horreur, très édulcorée, est toutefois plutôt mal injectée dans ce remix, qui reprend les grandes lignes de la populaire série des années 70 du même nom. L’ennui, c’est qu’on veut jouer sur tous les tableaux: faire rire, toucher, peut-être même faire pleurer, éventuellement effrayer et finalement surprendre. C’est beaucoup d’ambition.

Et c’est dans ses dénouements justement que la production grand public perd complètement son spectateur. Le scénario empile les revirements au profit d’effets chocs jusqu’à atteindre une incohérence crasse, qui compte peu d’égal dans le domaine. Il faut voir, lors du dernier acte, ces personnages qu’on croyait disparus surgir à tour de rôle derrière des bouts de décor pour venir ajouter une nouvelle couche au fouillis. Les acteurs pataugent dans ces situations abracadabrantes et ridicules du mieux qu’ils peuvent, mais n’arrivent pas à sauver les meubles. Honnêtement, qui aurait pu? Si seulement l’équipe de scénaristes avait plutôt su construire une véritablement mythologie autour de l’île, Blumhouse aurait bien pu se retrouver avec une autre franchise lucrative entre les mains.

Le plus triste, c’est que pendant qu’on visionne Fantasy Island, une énième adaptation de The Turn of the Screw ou The Grudge 23 au cinéma, de véritable petites perles du cinéma d’horreur ne trouvent pas de distribution. Come to Daddy propose pourtant des acteurs de catégorie A dans un délire gore assez jouissif, qui aurait certainement su trouver un public. Il en va de même pour The Lodge, qu’on pourra visionner in extremis sur un écran à Montréal, ou encore Gretel & Hansel, qu’on n’a carrément pas pu voir. Les fans d’horreur ont raison d’être amers en ce début de 2020.

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