La Casa

[Critique] La Casa: de très longs couloirs

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2.5
Note Horreur Québec

Les amateurs de found footage et d’histoires de fantômes peuvent dès maintenant explorer La Casa en vidéo sur demande. La nouvelle sensation chilienne «inspirée de faits réels» et filmée comme un plan-séquence s’avère toutefois un rendez-vous risqué, où les petites frayeurs ne s’élèvent pas outre mesure.

1986, Santiago. Le Chili est sous la dictature militaire de Pinochet et un couvre-feu est imposé aux habitants. L’officier Arriagada reçoit l’ordre d’aller investiguer une demeure abandonnée où des voisins auraient aperçu des intrus. Une fois sur place, son inspection prendra une tournure terrifiante.

La casa affiche filmL’idée d’un film «sans coupure» (entre gros guillemets) n’est certainement pas nouvelle dans le genre. Le film uruguayen La casa muda et sa version américaine Silent House ont, entre autres, déjà exploité la gimmick et de manière beaucoup plus réussie. Même s’il s’agit d’une technique plutôt louable pour immerger entière le spectateur dans l’atmosphère d’un found footage, le cinéaste Jorge Olguín manque peut-être un peu d’expérience pour y parvenir. Le montage, sans finesse et souvent visible, gâche certaines de ses scènes coups-de-poing.

On visite La Casa un peu comme on visite la maison hantée de son voisin un peu trop enthousiaste le soir de l’Halloween: c’est amusant, Jorge, mais on n’y passera pas la soirée. La caméra colle en effet le personnage dans son exploration des couloirs sinistres de la demeure, où les bruits usuels de bébés qui pleurent et de portes qui grincent se font entendre et tentent d’ériger un peu de tension. Les acteurs déguisés vont et viennent à tour de rôle et, même s’il faut admettre que la créature démoniaque présente sur les lieux s’avère plutôt effrayante, la grande majorité des apparitions tombent tout simplement à plat.

Alors qu’on s’explique bien mal les agissements de notre officier qui fouille la demeure comme s’il était à la recherche de preuves (?) et s’attarde dans chaque recoin au lieu de trouver une manière de sortir au plus vite et appeler du renfort, le manège devient très répétitif et sombre dans une espèce de contemplation psychédélique où la trame sonore vire au synthwave et les gyrophares de la bagnole de police bombardent l’intérieur du manoir de rouge vif.

Mais La Casa commet la même erreur que toutes ces attractions hantées bon marché qui pullulent en octobre: il omet de nous raconter l’histoire des lieux, supposément les plus hantés du pays. Lorsque la finale nous propose enfin un revirement avec une once de contenu — qui ne semble pas résister à l’analyse —, c’est trop peu trop tard. La Casa est une autre de ces productions qui ne contient pas assez de substance pour justifier l’angle d’un long-métrage et aurait mieux fonctionné dans un format court.

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