[Critique] Shifter: voyage dans le temps et désintégration du corps

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Note Horreur Québec

Une jeune femme patente une machine à voyager dans le temps dans son garage. Après l’avoir testée avec succès sur son chat, elle décide de l’essayer sur elle-même. L’expérience semble bien fonctionner: elle parvient à revenir deux heures en arrière. Mais, le voyage dans le temps n’est pas sans conséquence et occasionne des effets secondaires extrêmement douloureux, au point où la santé physique et mentale de Theresa se désagrège progressivement.

Réalisé, filmé, monté et coécrit par Jacob Leighton Burns (Electric Nostalgia), Shifter est un petit film indépendant produit avec trois bouts de ficelle. À l’instar de Volition et Timecrimes, le personnage principal cherche à réparer les erreurs qu’a provoqué son expérience. Cette fois-ci, l’impact ne touche pas le continuum spatio-temporel, mais plutôt son propre corps. En effet, Theresa (Nicole Fancher) et son chat se désintègrent et réapparaissent plus tard ou plus tôt, faisant continuellement des sauts dans le temps de manières incontrôlées, sans l’aide de la machine.

Shifter affiche filmLes scènes de dématérialisation de Theresa sont plutôt chouettes et rappellent celles du Docteur Manhattan dans Watchmen. Malheureusement, malgré ce concept tout de même original, il est très difficile d’adhérer à la proposition. Theresa ne semble ni être une scientifique ni être dotée d’une intelligence remarquable. On peine donc à croire qu’elle ait pu construire une telle technologie, surtout que la machine ressemble au pod dans The Fly de David Cronenberg, mais en plus cheap, constituée principalement de taules rouillées et de gros boulons. Mais bon, si les nerds de Weird Science ont réussi à créer une créature de rêve avec un ordinateur, pourquoi cette femme ne pourrait pas inventer une machine à voyager dans le temps dans son garage ? Ouin, ok. Vu de même.

N’empêche, même si on fait abstraction de cette incongruité, Shifter demeure un film maladroit et mal écrit. La narration est lente, voire ennuyeuse, et le jeu des acteurs est très caricatural, au point où cela devient énervant. La timidité de Theresa est soulignée à gros traits, bafouillant chacune de ses répliques. Les dialogues ne sont pas très crédibles et les enjeux dramatiques sont grossiers et anecdotiques.

Le réalisateur peut bien ajouter un sous-texte sur l’homosexualité non assumée de son héroïne, cela ne fait pas de Shifter un film plus réussi pour autant. Burns n’a clairement pas les moyens de ses prétentions, ce qui en fait une oeuvre prétentieuse et barbante.

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