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[Critique] Terrifier 2: un carnage trop ambitieux qui manque à ses promesses

Ça fait maintenant plus de trois ans qu’on attend la suite de l’infâme Terrifier de 2016, premier long-métrage de la nouvelle star du slasher Art le clown, introduit précédemment dans l’anthologie All Hallows’ Eve (2013). La production de Terrifier 2 n’a pas manqué de rebondissements: campagne Indiegogo financée à 430% (250 000$ US amassés pour un objectif de 50 000$; les fans le voulaient ardemment), tournage interrompu par la COVID-19 et distribution exclusivement aux États-Unis au début du mois avec rapports de petit vomis et évanouissements en salle, le film arrive maintenant au Québec.

Art le clown est de retour (ne nous demandez pas trop comment) et poursuit son carnage. Il jette maintenant son dévolu sur une adolescente et son frère. Et c'est... pas mal ça. 
Terrifier 2 affiche film

Terrifier, c’est un peu comme visiter la maison hantée que son beau-frère un peu trop passionné par l’Halloween a construit dans son abri Tempo: une série de saynètes cheaps et amusantes, plus ou moins connectées, qui impressionnent surtout par leur confection, sachant que tout a été fait avec trois bouts de ficelles, mais on y passera quand même pas la soirée. C’est un peu le problème de Terrifier 2.

Il y a quelque chose d’événementiel et d’attrayant à dire au fan d’horreur «Hey, je t’ai pondu un slasher de 138 minutes dégoulinantes d’un bout à l’autre» pour lui justifier le prix d’entrée au cinéma. Vrai qu’il est plutôt unique de retrouver aussi corsé en hémoglobine en salle. À ce titre, Terrifier 2 supplante n’importe quelle production hollywoodienne — Saw et ses dérivés inclus — avec ces scènes de découpage A1 gratuites, encore ici la plupart du temps féminines; Art a visiblement un faible pour la dame en détresse et peu vêtue. Cette suite ne présente par contre pas davantage de ces tueries, malgré sa plus longue durée qu’à l’habitude. Elle est simplement garnie d’autres scènes que n’importe quel monteur et/ou studio sensé aurait choisi d’éditer par souci de longueur. Lire: absolument rien ici ne justifie un film de plus de deux heures alors qu’une trentaine de minutes auraient facilement pu être retranchées autour des meurtres sans altérer en rien le résultat final.

Oui, il est beau et il est bon le gore de Terrifier 2. Art n’a pas perdu la main avec ses singeries créatives pour dépecer ses victimes. Le clown devient toutefois maintenant ici plus amusant qu’inquiétant, alors qu’il ne génère pas le même climat de terreur qu’auparavant. Mais lorsqu’un cinéaste promet textuellement «une scène si choquante et iconique que les gens en parleront pendant des années», nécessairement on crée des attentes qu’on risque peut-être de ne pas rencontrer. Maintenant, force est d’admettre que cette fameuse scène sans aucune incidence sur le récit n’a rien de bien mémorable, alors qu’aucun des carnages proposés n’arrive à surpasser la fameuse séquence choc «tête en bas» du premier film.

Sinon, techniquement, la réalisation de Leone livre des images un peu fades et, outre Lauren LaVera qui campe avec conviction l’adolescente au cœur de l’affaire, la direction d’acteurs est pour la plupart assez difficile, à commencer par Sarah Voigt dans le rôle de la mère, assurément le personnage le plus indigeste de l’année. On n’y était pas non plus spécialement pour le scénario, mais étant donné qu’on critique le film, plusieurs ramifications au récit ne fonctionnent tout simplement pas, à commencer par le nouveau personnage de la «copine» d’Art, dont les rouages laissent plutôt perplexes, et ces connexions qu’on tente difficilement de créer avec le film de 2016. Et c’est sans parler de cette scène post-générique, qui plonge maintenant la saga dans un délire complètement surréaliste!?

Damien Leone n’a pas manqué d’ambitions pour la suite officielle des aventures sanglantes de son clown Art. Mais à trop vouloir en faire, cette suite n’arrive toutefois pas à capturer le charme simpliste et affreusement efficace du premier film, et se ressent un peu comme une campagne qui n’a pas réussi à tenir ses promesses.

Note des lecteurs14 Notes
Points forts
Les scènes gore
Points faibles
Un peu tout le reste, en mettant l'emphase sur la longueur non justifée du film
2.5
Note Horreur Québec
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