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[Critique] « The Woman in the Wall » : une trop longue enquête policière qui brille par son esthétique

Les abonné·e·s de la plateforme Paramount+ peuvent désormais visionner la série The Woman in the Wall, qui avait été diffusé sur la chaîne BBC One l’automne dernier. L’œuvre s’inspire du scandale irlandais du couvent de la Madeleine, aussi appelé « blanchisserie Madeleine », un établissement où en 1993, on a retrouvé 155 cadavres de pensionnaires dans des tombes anonymes. Le couvent a alors fermé ses portes en septembre 1996, mais c’est en 2016 qu’une découverte a révélé les restes de 796 jeunes enfants dans une fosse commune. D’anciennes pensionnaires de l’institution ont aussi admis avoir subi plusieurs abus entre ces quatre murs, alors qu’elles étaient isolées du monde extérieur. Joe Murtarg (Calm with Horses) puise dans ces faits afin de créer une enquête policière fictive autour du drame et explore les traumatismes que les femmes ont vécus à travers ses personnages.

Le détective Colman Akande (Daryl McCormack, la série Peaky Blinders) enquête sur la mort d’un prête. Parallèlement, Lorna Brady (Ruth Wilson, la série His Dark Materials) essaie de mettre en place les pièces d’un casse-tête après avoir retrouvé le cadavre d’une femme dans sa maison.
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The Woman in the Wall charme avec sa réalisation et sa direction photo. L’éclairage est utilisé afin de créer des ambiances, mais aussi pour présenter des symboliques et des métaphores. Harry Wootliff (True Things) et Rachna Suri se partagent les commandes de la réalisation à titre de trois épisodes chacune. Les deux femmes présentent des prises de vues intéressantes qui nous font vivre les émotions des personnages. Ruth Wilson livre d’ailleurs une excellente performance et son partenaire de jeu, Daryl McCormanck, se débrouille très bien à ses côtés.

Là où on bloque, c’est au niveau du rythme extrêmement lent. Chaque épisode frôle les 60 minutes et on a souvent l’impression que l’action et les découvertes surviennent seulement juste avant les dernières minutes. Le reste du temps, on a droit à plusieurs longs dialogues qui ne sont malheureusement pas tous captivants. La série débute aussi en présentant certains clichés du genre policier : la mère séparée, en deuil et alcoolique, qui ne se souvient pas de ses fins de soirées, le détective au passé trouble… Pour ces raisons, il est difficile de s’accrocher au récit et on finit par s’intéresser un peu plus à l’enquête à la fin du troisième épisode, après avoir investi trois heures dans la saga.

Cette nouveauté ne plaira pas à tout le monde avec ses longueurs et ses thèmes lourds, mais The Woman in the Wall accrochera les plus fervents d’enquêtes et de romans policiers. Pour celles et ceux qui auront aimé, le film The Magdalene Sisters réalisé par Peter Mullan en 2002 raconte aussi l’histoire de cette tragédie en nous plongeant au cœur du couvent dans les années 60.

The Woman in the Wall est disponible sur:
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
de longues enquêtes policières
d'accents irlandais
3
Note Horreur Québec

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Horreur Québec
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