[Critique] Unhinged: tu devrais essayer de sourire plus souvent, ma belle

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Le script d’Unhinged (Enragé) semble avoir pris la poussière dans un tiroir depuis l’époque où Fatal Attraction, The Hand That Rocks the Cradle et Basic Instinct dominaient le box-office. Le scénariste Carl Ellsworth (Red Eye, Disturbia) y adjoint une lecture assez beige de l’actualité: à notre époque, tout le monde est à cran. On vit dans une grande boîte d’allumettes et il suffit de peu de chose pour y mettre le feu.

C’est l’erreur que commet Rachel (Caren Pistorius), qui répond sèchement à un homme (Russell Crowe) lors d’une altercation en plein trafic matinal. Rachel a perdu son emploi quelques minutes auparavant et elle traverse une procédure de divorce acrimonieuse. Ce qu’elle ignore, c’est que le personnage de Crowe est un maniaque sanguinaire qui fera tout pour lui faire regretter son attitude. Il va la pourchasser sans relâche et s’en prendre à ses proches.

Unhinged affiche film

L’attrait promotionnel du film repose sur la performance de Crowe, qui tente de stimuler une carrière récente peu reluisante par ce rôle à contre-emploi. Particulièrement imposant ici, l’acteur reçoit une poignée de scènes qui mettent son talent de l’avant, dont une où il se déchaîne dans un restaurant. La plupart du temps, son personnage demeure toutefois assez caricatural. N’ayant plus rien à perdre, il poignarde, met le feu et roule sur toute personne se mettant en travers de son chemin… et n’a pas de remord à le faire devant de nombreux témoins. Le film mise sur une violence frontale plutôt efficace.

Face à Crowe, la comédienne Caren Pistorius (Cargo) peine à porter le film sur ses épaules et à donner vie à un personnage foncièrement mal écrit. Alors qu’on s’imagine que le scénario donnera l’opportunité à sa Rachel de s’affirmer dans sa confrontation avec un homme convaincu d’être dans son bon droit de la régenter, il en est tout autrement. Le film applique au contraire une logique perverse qui en vient à culpabiliser la jeune femme de son attitude. À ce niveau, la dernière scène est d’une médiocrité prononcée. Le scénario emploie également une série de personnages secondaires sous-écrits et sans intérêt. Une partie de la tension censée reposer sur la menace que fait peser le vilain sur eux ne se manifeste jamais puisque le film peine à nous faire développer toute forme d’empathie.

Unhinged image film
Le cinéaste Derrick Borte propose quant à lui une mise en scène fonctionnelle, mais assez mécanique. Une bonne partie du film prend place en voiture et, contrairement aux classiques du cinéma d’horreur routier se déroulant généralement dans de vastes étendues désertiques, Unhinged profite de l’aspect distinct de son environnement urbain. Les poursuites en voiture sont ponctuées de tension dans les bouchons de circulation, d’un jeu de chat et de la souris à-travers les rues d’une petite banlieue et de carambolages spectaculaires sur l’autoroute.

Unhinged n’est toutefois pas assez musclé pour convaincre malgré son scénario désastreux. En tant que série B, le film gagnera certainement quelques adeptes. Il faudra toutefois tolérer une intrigue aussi soporifique que frustrante.

UNHINGED Trailer (2020) | Russell Crowe, Jimmi Simpson

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