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[Critique] Vortex: contempler la fin jusqu’au bout

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Note Horreur Québec

Si on aborde Vortex sur ces pages, on se doit d’abord de mentionner qu’il s’agit probablement du titre de la filmographie de Gaspar Noé qui s’éloigne le plus de cinéma de genre. Malgré la présence (étonnante) de Dario Argento en tête d’affiche — premier grand rôle du maître de l’horreur italien au cinéma — et le lourd sujet abordé, le nouveau long-métrage du cinéaste controversé ne livre pas exactement les mêmes claques qu’un Irréversible ou un Climax.

Avec Vortex, Noé réfléchit sur sa mort, et celle de son propre cinéma au passage, en compagnie d’Argento — 81 ans — et Françoise Lebrun — 77 ans — qui forment ce couple en fin de vie à l’écran. Le réalisateur français prend effectivement bien soin de nous rappeler leur année de naissance d’entrée de jeu, en plus de la sienne — 1963 — alors que ses acteurs devront se soumettre à la même réflexion. Elle, anciennement psychiatre, expérimente de plus en plus de moments d’absence et lui, cinéaste en pleine écriture d’un bouquin liant le cinéma aux rêves, souffre du coeur. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une magnifique dédicace plutôt poignante: «À tous ceux dont le cerveau se décomposera avant le cœur».

Vortex affiche film

Dans ce nouveau désir de «cinéma vérité», l’homme utilise la même technique que son précédent Lux Æterna, qu’on a également enfin pu mater cette année grâce au Festival du nouveau cinéma. Après une scène qui nous introduit au couple aimant (via la vidéo ci-bas), Vortex adopte deux points de vue à l’aide d’un split screen quasi-documentaire de plus de deux heures. Si l’expérimentation n’est pas nouvelle et n’apporte véritablement rien de plus au scénario, elle a au moins le mérite de rendre ces longues scènes un peu moins monotones.

Car en effet, Vortex est avant tout un exercice contemplatif qui ne verse pas dans la tradition de provocation à laquelle Noé nous a habitués jusqu’ici. Sans trame sonore et avec peu de dialogues, on épie le duo dans son quotidien alors que la mère s’égare au dépanneur et que le père s’affaire à l’écriture de son livre. Leur fils, incarné Alex Lutz (Guy), devra éventuellement discuter d’alternatives avec eux. Si Françoise Lebrun (La maman et la putain) déroute avec sa performance on ne peut plus authentique, on ne peut malheureusement en dire autant du maître du giallo. Certains dialogues semblent forcés dans sa bouche.

Par ailleurs, Michael Haneke n’a certainement pas l’exclusivité sur le sujet, mais il reste difficile de visionner ce portrait intimiste sans avoir inévitablement une pensée envers Amour. Reste qu’au final, ce très long mélodrame dans lequel il devient difficile de s’investir laisse plutôt passif.Vortex serait donc un autre film du cinéaste qui ne fera pas l’unanimité? Rien de neuf sous le soleil.

FNC 2021 | Vortex (Gaspar Noé)

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