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[Critique] Werewolves Within: deux en deux pour Josh Ruben

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3.5
Note Horreur Québec

Il y a un an à peine que l’on découvrait Scare Me sur Shudder. La comédie méta sur l’art de raconter des histoires d’horreur était une entrée en scène explosive pour Josh Ruben, jusque là connu par ses contributions à la plateforme humoristique CollegeHumor. Pour son premier long, Ruben cumulait les fonctions de réalisateur, scénariste et d’acteur principal. 

Le revoilà déjà derrière la caméra pour mettre en scène une histoire de loup-garou, ce qui est amusant puisqu’il incarnait justement dans Scare Me un aspirant écrivain tentant de proposer une histoire originale figurant la bête. Werewolves Within, cette fois scénarisé par Mishna Wolff (ça ne s’invente pas), est une adaptation très libre d’un jeu de VR du même nom produit par le studio Ubisoft… Lui-même inspiré du populaire jeu de table Les Loups-Garous de Thiercelieux.

Finn Wheeler est un garde forestier malchanceux en amour et récemment muté dans la petite localité de Beaverfield, au Vermont. Sitôt arrivé, il fait la connaissance de Cecily, la nouvelle factrice du coin. Cette dernière lui apprend tout ce qu’il faut savoir sur les résidents de Beaverfield, qui vivent dans une atmosphère de tension élevée. C’est qu’une grosse pétrolière veut acheter leurs terrains pour y bâtir un pipeline et les citoyens sont divisés entre deux camps. Bientôt, le débat devient toutefois le cadet de leurs soucis puisqu’un cadavre gelé est retrouvé sous un porche, qu’une tempête fait rage et qu’un animal mystérieux a coupé le courant dans tout le village. Les habitants de Beaverfield soupçonnent qu’il s’agit de l’oeuvre d’un loup-garou… Et que la bête se trouve parmi eux.

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Werewolves Within n’est pas le premier whodunit contemporain qui exploite des États-Unis divisés, décatis et enclins à la paranoïa. Le film fait quelques parallèles amusants avec la philosophie de Mr Rodgers, qui invitait les gens à être bons avec leurs voisins… Malheureusement pour nos personnages, on a plutôt droit ici à un récit de descente collective dans un climat de méfiance et d’individualisme, qui représente peut-être finalement un plus grand danger que le loup-garou qui rôde.

À l’heure où nos plus chauds débats de société amènent d’importantes questions de responsabilité individuelle, Wolfe et Ruben parviennent à s’amuser de ce frustrant bordel. Marchant dans les pas de Knives Out et The Wolf of Snow Hollow, le scénario offre une ride franchement divertissante où des personnages correspondant à divers archétypes étatsuniens se crient par la tête dans un décor sorti de chez Agatha Christie. Au centre de la galerie de personnages secondaires, celui de Finn agit comme un compas moral pour le public, tentant avec peu de succès de créer des ponts parmi la communauté. Sam Richardson est excellent dans ce rôle qui mise sur son charme innocent. À son opposé, Milana Vayntrub propose une prestation excentrique mais nuancée qui gagnera le coeur des spectateurs.

C’est que Josh Ruben, un excellent directeur d’acteurs, sait tirer le meilleur de ses personnages… Même celleux que l’écriture a un peu trop stéréotypé.es. Sa façon de mettre en scène évoque à la fois les comédies classiques de type screwball ainsi que l’humour par le montage que l’on retrouve chez un Edgar Wright. Ruben propose une excellente ambiance de whodunit, enchaînant des gags visuels qui moquent gentiment les conventions du genre tout en profitant de ses collaborateurs pour établir une vraie bonne vibe de meurtre et mystère hivernal.

Josh Ruben s’impose comme un alchimiste de la comédie d’horreur, genre difficile à maîtriser qui plus souvent qu’autrement s’avère ni drôle, ni effrayant. Werewolves Within parvient à se tenir en équilibre entre les deux pôles et à s’amuser de la laideur qui sommeille au fond de chacun.e de nous. C’est un film charmant qui saura vous divertir de bout en bout… et annonce peut-être une certaine forme de renaissance pour notre cher loup-garou.

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