[Critique] High Life: à vos risques et périls

Note des lecteurs3 Notes0.95
2.5

Un groupe de prisonniers condamnés à mort accepte de participer à une mission spatiale plutôt risquée. L’objectif est à la fois de s’approcher d’un trou noir afin de trouver un moyen d’exploiter l’énergie du corps céleste et de tester les capacités de reproduction des êtres humains dans l’espace. Cette mission dangereuse décime la quasi-totalité de l’équipage, à l’exception d’un homme (Robert Pattinson) et d’un petit bébé.

Les amateurs de films d’horreur qui ont visionné l’excellent Trouble Every Day (2001), mettant en vedette Béatrice Dalle, ne pouvaient être que séduits par l’idée de voir la réalisatrice Claire Denis s’atteler à un film de science-fiction. Malheureusement, on est loin du space opera horrifique espéré. Plus près du film d’art et d’essai, High Life se concentre surtout sur la relation entre un père et sa fille et aborde des thèmes très sérieux comme la solitude et les tabous.

Denis parvient tout de même à distiller une ambiance inquiétante dans son film et propose quelques scènes de violence efficaces, mais le tout ressemble davantage à une œuvre d’Andreï Tarkovski (Stalker, Solaris) – sans atteindre la virtuosité et la transcendance de la mise en scène du cinéaste russe – qu’au film de science-fiction noir qu’on aurait souhaité. Construit avant tout sur les souvenirs du personnage principal interprété par Pattinson, on découvre peu à peu les raisons qui ont provoqué le décès des autres membres de l’équipage et qui ont donné naissance à sa fille (Willow), le tout entrecoupé de quelques souvenirs de la Terre.

En ressort une narration inégale et hermétique, composé principalement de silence et de moments de contemplation. Ne nous méprenons pas, les liens que Pattinson tissent avec sa fille sont criants de vérité (le talent de cet acteur est indéniable) et plusieurs scènes sont touchantes, en particulier lorsqu’il surveille les respirations de son bébé endormi, mais cela ne suffit pas à maintenir notre attention pendant les 110 minutes du long métrage.

Claire Denis parvient également à injecter une étrange sensualité à son récit, entre autres grâce à la présence de Juliette Binoche dans le rôle d’une infirmière infanticide (qui devait être au départ jouée par Patricia Arquette). Cependant, le long métrage flirte avec le grotesque, notamment lors d’une scène de masturbation mécanique dont le ton hésite entre l’œuvre psychédélique et le nanar de science-fiction. Un sentiment vécu également à la vision des effets spéciaux parfois efficaces, parfois risibles.

Malgré tous ces bémols, High Life semble avoir trouvé son public, Les Cahiers du cinéma ont même parlé d’un film «à rendre jaloux Cronenberg», mais il y a peu de chances que les amateurs de films d’horreur et de science-fiction y trouvent leur compte. Une expérience à vivre à vos risques et périls!

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