[Entrevue] Random Acts of Violence: l’art de l’horreur avec Jay Baruchel

C’est ce vendredi 31 juillet que paraîtra en salle et en vidéo sur demande Random Acts of Violence, un road movie horrifique signé Jay Baruchel, où un auteur de bandes-dessinées macabres croisera le terrible Slasherman, un psychopathe reproduisant dans la réalité les meurtres qu’il a mis sur papier. Le film est adapté du populaire roman graphique de 2010 du même nom de Justin Gray et Jimmy Palmiotti.

Horreur Québec s’est entretenu avec l’acteur et réalisateur montréalais bien connu pour ses innombrables comédies, question d’en connaître plus sur son film et son appartenance à la peur.


Random Acts of Violence affiche filmHorreur Québec: Je sais que vous êtes vous-même un grand fan de cinéma d’horreur, et j’aimerais que vous nous parliez de votre amour de ce genre souvent méprisé.

Jay Baruchel: J’aime les films d’horreur qui sont bons et qui me font peur, mais en développant nos connaissances, on en vient à se demander ce que devrait être un bon film d’épouvante. Pour moi, l’horreur est un art extrêmement important et j’ai du mal à séparer mon amour du cinéma de mon amour de ce genre de films. Quand le genre horreur est à son meilleur, nous sommes confrontés à quelque chose de pur et de très direct.

HQ: Dans votre carrière d’acteur, vous avez travaillé avec certains des plus grands cinéastes comme Cameron Crowe, David Cronenberg ou Clint Eastwood. Quand vous êtes arrivé à la barre d’un film intense comme celui-ci, est-ce que vous vous êtes inspiré un peu de ce vous aviez vu chez ces maîtres?

JB : Absolument. J’ai eu l’honneur de travailler avec eux qui sont des maîtres. Pour moi, les deux plateaux que je voulais imiter étaient justement ceux d’Eastwood et de Cronenberg, du moins en ce qui concerne l’énergie sur le plateau et l’absence totale de stress. Les gens sur ces plateaux confortables sont toujours de bonne humeur et on ressent qu’ils veulent créer.

L’anxiété et le chaos sont devenus une sorte de standard quand on fait du cinéma. Je voulais que les gens soient heureux de venir travailler, et Eastwood et Cronenberg travaillent comme ça. J’ai eu aussi la chance de tourner pour Ben Stiller qui avait travaillé plusieurs années sur le scénario de Tropic Thunder. Il en est arrivé à un point où il était très confortable du résultat et sa confiance nous a permis en quelque sorte de créer lors du tournage.

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HQ: Vous dites avoir du mal à séparer l’horreur du cinéma en général, mais puisque vous avez joué dans un grands nombre de comédies, quelle est votre vision de l’horreur face au rire?

JB: J’ai joué dans plusieurs films parce que je suis un acteur, et j’ai eu la chance de participer à plusieurs projets. Je suis suffisamment chanceux pour gagner ma vie de la sorte depuis un moment déjà. Je ne veux pas sous-estimer ce que je fais ni un genre en particulier, mais en tant que spectateur, ou lecteur, je suis plus attiré par l’horreur, le suspense ou même l’action. Il y a d’un côté les films que j’ai tournés et ceux que j’aime regarder.

HQ: Votre film semble vouloir différencier l’horreur comme un art à part entière et la fétichisation que ressentent certaines personnes pour le mal et les tueurs en série. Est-ce que la violence au cinéma a une limite?

JB: Je pense qu’on n’a pas de réponse. C’est un débat éternel. Les spectateurs savent identifier lorsque l’on fétichise et valorise le mal. Certains longs-métrages montrent des choses hideuses pour le plaisir de montrer des choses hideuses. Si vous prenez le film québécois Les sept jours du talion de Podz, la totalité du long-métrage présente un homme qui en torture un autre. Pourtant, en aucun cas, on utilise une formule déplacée et jamais on ne lance une lettre d’amour à la violence. Je crois que les gens voient la différence. Cela dit c’est relatif aux individus. Personne n’a les mêmes limites.

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HQ: En voyant le style de votre film, on n’a d’autres choix que d’y voir une série d’hommages au cinéma d’horreur italien. Est-ce que c’était délibéré de votre part?

JB: Il y en a, certes. Je dirais qu’il y a de l’ADN de giallo dans mon film, et la présence des influences de Karim Hussain, mon directeur photo, y est pour quelque chose. C’est un genre très important pour lui. Je dirais aussi que de mon côté, j’ai essayé d’y injecter certaines touches rappelant le classique The Red Shoes, qui sans être officiellement un film d’épouvante est assez macabre. Je voulais fignoler une approche rappelant le réalisme de films comme Irréversible et Zodiac.

HQ: Tous vos acteurs ont chacun de leur côté participé à des films d’horreur qui ont connu un certain succès commercial et qui sont dorénavant cultes. Est-ce que c’était volontaire?

JB: C’est vrai qu’ils ont tous participé à des succès du genre, mais ce n’était absolument pas volontaire. Je m’en suis aperçu lorsque je me suis retrouvé en compagnie du groupe d’acteurs au complet. Je dirais que j’avais personnellement la conviction qu’ils étaient les bons acteurs pour jouer ses personnages. Ce n’était pas une idée déterminée à l’avance de choisir des comédiens reconnus par les amateurs du genre.

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HQ: En tant qu’acteur, vous avez partagé l’écran avec plusieurs grandes vedettes, mais qui aimeriez-vous diriger dans un futur film?

JB: Si un jour j’avais la chance de diriger Val Kilmer, je crois que je pourrais mourir heureux. Je me dis également que personne ne pourrait jamais faire sortir une mauvaise interprétation de Daniel Day Lewis.


Nous encourageons nos lecteurs à découvrir le film Random Acts of Violence ce vendredi et espérons que l’artiste nous fera le plaisir de nous donner d’autres frissons prochainement.

Lisez également notre critique de Random Acts of Violence.

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