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Le cinéaste Frank Henenlotter était présent à Fantasia récemment pour y présenter son dernier documentaire Boiled Angels: The Trial of Mike Diana. Horreur Québec a saisi l’opportunité de le rencontrer pour lui parler de son film, mais aussi de sa puissante filmographie:


Horreur Québec: Vous nous avez donné une série de classiques d’épouvante et depuis 2010, il s’agit de votre troisième documentaire. Qu’est-ce qui vous amené vers le documentaire et qu’est-ce qui vous a fasciné dans l’histoire de Mike Diana?

Frank Henenlotter: Je connais bien Mike. Il m’a raconté son histoire et je ne pouvais pas la croire. C’est quand même un brin de mon monde que j’y explorais.

HQ: Plusieurs de vos films mettent en scène des gens différents et plusieurs le sont physiquement, mais j’ai toujours eu l’impression que vous aviez une certaine sympathie pour eux, même s’ils sont souvent des meurtriers. Avez-vous l’impression qu’avec Boiled Angels, au-delà de défendre la liberté, vous condamnez l’extrême droite?

FH: C’est la première fois que je vais aussi loin. Je ne veux pas déclarer une guerre civile ou apporter une critique à la manière de Michael Moore, mais cette histoire était tout simplement inadmissible. Un jeune homme de 23 ans que l’on met en prison pour 3 ans pour avoir dessiné ce que l’on juge être des dessins osés. Je me fou du contenu des dessins, personnellement. On n’enferme pas un individu pour des choses aussi futiles. Cela m’a mis en colère et j’en suis venu à le prendre personnel.

HQ: Dans vos films, on ressent que la sexualité et la violence sont les deux côtés d’une même médaille. D’où vous vient ce besoin de les associer?

FH: Je n’y pense pas, en fait. Cela fait partie de moi et de ce que j’aime raconter. Je ne souhaite pas parler de zombies. Qui souhaite voir un autre film de zombies de toute manière. Le Body Horror me fascine et cela remonte à longtemps, comme vous vous en doutez. Le mystère de la chair amène à certaines aberrations.

HQ: Vous avez tourné quelques courts-métrages. À une époque où les cinéastes de genre ressentent le besoin d’offrir des anthologies, avez-vous déjà pensé à réunir plusieurs de vos films pour nous offrir peut-être le nouveau Creepshow?

FH: Absolument pas. J’ai tourné un court-métrage en 1976, je crois, et en 16 mm. C’est devenu une introduction pour Bad Biology. Ça touchait déjà le Body Horror. Personne n’a aimé ou n’a saisi mon humour à l’époque. Je me verrais mal assembler des courts-métrages en anthologie.

HQ: Depuis la sortie de Basket Case en 1982, vos films ont tendance à devenir culte. J’adore demander aux cinéastes lequel est leur rejeton favoris. Lequel de vos films est celui que vous affectionnez le plus?

FH: J’avais l’habitude de dire Brain Damage, mais je pense que Bad Biology est mon meilleur, dorénavant. Il a été aimé immédiatement et j’ai adoré le tourner. Ça faisait 16 ans que je n’avais pas réalisé un film et c’est le film que j’ai aimé le mieux tourner. Il a été agréable à réaliser. Le tournage s’est fait de manière organique, comme si le film se réalisait par lui-même. Quand cela vous arrive, c’est souvent parce que ce que vous tournez est correct. Je ne pense pas qu’il soit encore ce qu’on appelle un film culte. Il a probablement besoin de quelques années encore (rires).

HQ: Basket Case pouvait facilement devenir un film de série et il aurait peut-être pu avoir plusieurs autres suites. Il me semble que d’autres de vos films pourraient avoir plus d’un volet. Vous n’auriez pas aimé nous offrir un Frankenhooker 2 ou un Brain Damage 2?

FH: Basket Case 2 allait dans une direction différente. Mais je n’imagine pas de suite aux autres. Les histoires sont terminées, même si je n’ai jamais osé mettre les mots «The End» à la fin. C’est la chose la plus ridicule que l’on puisse faire à des spectateurs, selon moi. Personne n’a besoin de se le faire dire. Le film s’arrête.

HQ: Avant la sortie de Bad Biology, vous avez été inactif durant plus de 15 ans. Dites-nous que ce ne sera plus le cas et qu’on pourra vous retrouver vite à Fantasia pour voir un de vos films.

FH: Durant ces années, j’étais très impliqué au sein de la compagnie Something Weird Video. Nous recherchions certains films rares d’exploitations. Certains étaient même perdus. Je vous avoue cependant que la réalisation de films me manquait. J’ai une idée pour un prochain film, mais je viens tout juste de terminer Boiled Angels. Mais je vais revenir derrière la caméra. J’aimerais retravailler aussi avec du 16 mm et du Super 8.

HQ: Vous avez rendu hommage à Herschell Gordon Lewis en 2010 en tournant le documentaire Herschell Gordon Lewis: The Godfather of Gore. Pouvez-vous nous parler de l’homme et de la relation que vous avez eue avec lui?

FH: Le documentaire dont vous me parlez n’était en fait qu’une publicité camouflée pour Something Weird Video, mais nous avons prétendu que cela en était un. Herschell était un homme très unique. J’aime beaucoup son travail. Il y a quelque chose de totalement fascinant dans ses films. Il n’aimait pas vraiment ce qu’il avait fait. À la fin de sa vie, peut-être six mois avant sa mort, il est devenu une toute nouvelle personne. C’est comme s’il percevait sa carrière différemment. Il a assumé ses œuvres et semblait mieux comprendre l’amour de ses fans.

HQ : Si vous deviez tourner un vrai documentaire sur un cinéaste de genre ayant baigné dans l’exploitation, auriez-vous des favoris?

FH: Je ne l’ai jamais envisagé. Je ne sais absolument pas qui je pourrais prendre. Je ne pense pas que je serais à l’aise de réaliser un authentique documentaire sur un cinéaste.


Nous souhaitons au réalisateur de Bad Biology la meilleure des chances pour ses prochains projet, et nous espérons le revoir très rapidement à Fantasia!

Consultez notre couverture Fantasia 2018

 

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