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C’est vendredi dernier que le public de Fantasia a pu assister à la première mondiale du film The Man Who Killed Hitler and Then The Bigfoot. Pour nous présenter le long-métrage, l’équipe de programmateurs nous a amené le cinéaste Robert D. Krzykowski et l’acteur légendaire Sam Elliott.

Horreur Québec s’est invité à la fête et a eu la chance de s’entretenir avec les deux artistes:


Horreur Québec: The Man Who Killed Hitler and Then The Bigfoot est votre premier long-métrage et lorsque l’on constate la présence de deux génies comme Lucky McKee et John Sayles derrière vous, on se demande à quel point ils ont pu vous soutenir et vous inspirer. Pouvez-vous nous en parler un peu, puisque le style de Sayles semble vous avoir particulièrement influencé?

Robert D. Krzykowski: Matewan de John Sayles est un de mes films favoris de tous les temps. C’est une histoire sur la révolution dans les mines. Je l’ai vu à dix ans, je crois. Le film m’a appris qu’on pouvait faire un long-métrage qui captive totalement l’audience, en ayant un message important à livrer, sans prêcher. J’ai découvert Sayles et il est devenu un de mes réalisateurs favoris. J’ai eu la chance de le rencontrer. Il a lu le scénario et il a voulu me soutenir.

Pour Lucky, j’avais coproduit son film The Woman il y a quelques années. Nous sommes devenus de grands amis. Il est venu vivre avec ma femme et moi durant un été. Il a lu mon script et il a voulu à la fois me supporter, mais aussi être à bord du projet. Je connais très bien Lucky et personne n’a de théories aussi intéressantes sur les films que lui. Il comprend très bien ce qu’est le cinéma et il connaît les acteurs. Il voulait vraiment travailler sur ce projet. Lucky et moi avons mis environ huit ans à faire le film. Je crois avoir commencé l’écriture autour de 2005.

HQ: Sam, je dois vous dire qu’en tant que fan d’horreur, je me souviens de vous pour des films devenus cultes comme The Frogs et Legacy. Des années plus tard, vos menaces sont Hitler et un Bigfoot. Quel a été votre réaction en lisant le titre farfelu sur un scénario?

Sam Elliott: Ma réaction a possiblement été la même que plusieurs cinéphiles lorsqu’ils voient ce titre, c’est-à-dire que j’ai été un peu dupé. La différence, c’est que j’avais deux lettres avec le scénario. Une lettre de Robert, le réalisateur, et l’autre de John Sayles. Je me doutais donc qu’il pouvait y avoir quelque chose d’intéressant. En lisant, j’y ai perçu une grande humanité et j’y ai découvert ces monstres. J’ai eu envie d’en faire partie. Les gens impliqués dans le projet y apportaient un intérêt également.

HQ: Il y différentes visions d’Hitler à travers plusieurs œuvres ou récits historiques, mais vous le superposer à une créature mythique. Quel était votre but premier, à ce niveau?

RDK: Je voulais explorer la notion de tuer un être vivant en étant au service de quelqu’un. Avec Hitler, il lutte contre quelqu’un de démoniaque. Avec le Bigfoot, il se bat contre quelque chose de bon et se trouve à simplement être malade. L’animal cause le mal, malgré lui. Je voulais un Bigfoot qui inspirait la sympathie. Mon personnage tue d’abord cet homme démoniaque qui est Hitler et part en chasse d’un autre type de créature par la suite. Certains monstres ont une décence, d’autres non.

HQ: Votre monstre semble très humanisé. Il rappelle davantage les hommes des cavernes de Kubrick que les monstres sanguinaires qu’on voit souvent.

RDK: Tout à fait. C’est une créature innocente avec de beaux grands yeux (rires). Mike Elizalde a travaillé sur la conception de la bête et elle est jouée par Mark Steger. Il a discuté d’ailleurs avec Sam de la manière dont le héros devait toucher la tête de la bête.

HQ: Sam, le film se divise en deux segments où l’acteur Aidan Turner incarne une version plus jeune de votre personnage. La transition se fait très bien et on croit vraiment qu’il s’agit d’une seule personne. Avez-vous eu personnellement la chance de regarder les scènes tournées par Aidan avant de vous lancer dans le tournage?

SE: Non, absolument pas. J’ai rencontré Aidan rapidement lors d’un souper lors de mon dernier jour sur le plateau. On a tourné à l’envers, en fait.

HQ: Il s’agit d’un très beau rôle pour vous et vous offrez une excellente performance. J’ai adoré le fait que vous n’aviez pas à parler pour laisser transparaître l’émotion. C’est particulièrement vrai dans les très beaux échanges que vous avez avec Larry Miller, qui y joue votre frère. Comment Larry et vous avez développé cette chimie à l’écran?

SE: Merci beaucoup. La chose curieuse à mentionner à ce niveau, c’est que je n’avais jamais rencontré Larry précédemment. Les gens ont souvent cette vision d’un Hollywood où tout le monde se connaît, mais ce n’est pas vrai. J’étais dans un restaurant un jour et j’ai entendu une voix me disant: «Je crois que je vais jouer ton frère». Je me suis retourné et c’était Larry. Je suis allé lui parler et la connexion entre nous a été immédiate. Je dois d’ailleurs vous dire que ce fut la même chose sur le plateau lors de chacune de nos scènes. Ça n’a pas toujours été facile, mais ça toujours été merveilleux. Larry a apporté une grande sensibilité à son personnage. J’aime cette relation dans le film et je suis heureux que vous l’ayez apprécié également.

HQ: Est-ce qu’en tant que réalisateur et scénariste d’un tel film, vous aviez certaines appréhensions de tourner ces scènes dramatiques qui donnent tout son sens au film?

RDK: Oui. J’avais peur, en fait, que cette relation plus implicite soit négligée par les spectateurs. C’est la même chose pour l’histoire d’amour dans l’autre segment du film.

HQ: Votre film bascule dans la science-fiction et propose quelques touches inquiétantes, mais ces derniers éléments ne sont qu’un prétexte à enrichir le drame. Aimeriez-vous tourner un film d’horreur ou de science-fiction où ces genres seraient à l’avant-plan?

RDK: C’est difficile à dire. John Sayles m’a dit durant le tournage qu’il aimait que la science-fiction révèle l’humanité. J’aime beaucoup cette idée. J’espérais aussi que cela se ressent dans mon film.

HQ: Sam, vous avez une carrière extraordinaire et vous avez tourné avec certains des plus grands cinéastes au monde. Est-ce qu’il y a un film dont le tournage vous a changé, autant sur le plan professionnel que personnel?

SE: J’ai eu beaucoup de chance. J’ai tourné dans un film qui s’appelait The Hero. Ce film est important pour moi et il m’a donné certaines récompenses à différents degrés je dirais. Les personnages historiques aussi sont très agréables à faire en ce sens. Calvin, que je joue dans The Man Who Killed Hitler and Then The Bigfoot est très humain. Je dirais même qu’il est un meilleur homme que moi.

HQ: Il n’est pas si loin du super-héros classique des films que l’on voit sans cesse. Peut-être même que les scénaristes devraient prendre exemple sur ce personnage que ce soit chez Marvel ou DC?

Sam Elliott: Vous croyez qu’on pourrait faire ce genre de film avec un homme aussi âgé que moi (rires)? Je suis sceptique ou cynique face à ces films ou à ce qu’ils devraient être. Je pourrais même dire que je le suis face à ce que la réalisation de films est devenue. J’apprécie le résultat final au niveau technique, mais tout n’est qu’effets spéciaux et ordinateurs. Ça peut affecter le travail d’un acteur. Je vous avoue que c’est quelque chose qui me parle moins; du moins, dans mon cas. Je me souviens avoir vu une bande-annonce de Lone Ranger avec Johnny Depp et je me souviens de m’être dit que je ne souhaitais pas le voir (rires). Je ne l’ai pas vu encore. Pour ce film-ci, j’aimais que les effets soient plus subtils.


Nous souhaitons la meilleure des chances au film lors de son circuit festivalier et nous souhaitons avoir la chance de revoir ces deux artistes lors de prochains projets.

Consultez notre couverture Fantasia 2018

 

 

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