It Comes at Night: cauchemars et paranoïa

Note des lecteurs5 Notes6
8.5

Dans les dernières années, le studio A24 s’est établi comme une force majeure du cinéma d’horreur indépendant par leur distribution de films audacieux, qui défient les règles du genre. Leur toute dernière proposition, It Comes at Night, est peut-être leur meilleure à ce jour.

On nous présente ici une famille recluse qui tente de survivre dans un environnement hostile, dépourvu de la présence de civilisation et ravagé par un virus fatal aux êtres humains. L’arrivée soudaine d’un étranger les force à ouvrir leur demeure et teste leur raison. La prémisse elle-même peut sembler déjà vue, mais c’est dans son traitement que le réalisateur Trey Edward Shults parvient à façonner un film unique, une vision magistrale de peur et de paranoïa. À la tradition de récents films post-apocalyptiques, ce qui fut la cause de ce cataclysme, ou les conséquences qui en relèvent, n’est jamais vraiment révélée à l’audience. It Comes at Night n’est pas un film catastrophe, mais bien un film personnel qui explore les relations humaines, les réactions face à la peur et les limites de la confiance. 

Si Paul (Joel Edgerton) tente de protéger sa famille et de cacher les horreurs de ce nouveau monde à son fils, Travis (Kelvin Harrison Jr.), il en va de même pour l’étranger, Will (Christopher Abott), qu’ils accueillent avec sa femme et son jeune enfant. Quelque peu forcés de cohabiter dans le but de partager leurs ressources, Paul semble toujours douter de ces nouveaux arrivants. Bien qu’avec ces interactions paranoïaques le film semble pencher plus vers un thriller, ce sont les scènes de nuit qui terrorisent, en leur offrant un regard sur les cauchemars de Travis. Ce dernier, qui, à 17 ans, semble encore trop jeune pour faire face aux atrocités de ce monde, se retrouve de plus en plus affecté par les événements qui l’entourent. Le virus fait rage dans ses rêves, mais demeure secondaire quant à l’attraction qu’il porte à l’extérieur. Il fait son chemin, soir après soir, jusqu’à cette porte rouge, interdite après la tombée de la nuit. Qu’est-ce qui s’y cache derrière?

Shults fait vivre son histoire à travers des images splendides qui donnent aux visions cauchemardesques de Travis encore plus de poids. La nuit, éclairée par la lanterne de l’adolescent, la maison familiale prend soudainement des allures sombres et mystérieuses. La musique est angoissante et ne fait qu’amplifier notre crainte, notre savoir que quelque chose d’horrible approche. Malgré tout, la fin du film ne peut soutenir toute la tension qui la précède. Le film fait allusion à des menaces cachées aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, laissant au spectateur la liberté de s’imaginer de quoi il s’agit. Bien qu’il s’agisse d’une technique efficace pendant le film, sa conclusion ne parvient pas à livrer une réponse à la mesure de nos attentes et il en reste un dénouement qui satisfait l’histoire, mais sans plus. La qualité exceptionnelle du reste du film nous pousse à demander davantage de cette finale.

En somme, It Comes at Night est une oeuvre qui mérite d’être vue, surtout au grand écran. La tension palpable à travers le film et les questions sur la nature humaine soulevées resteront avec vous bien après la fin du générique.

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