horreur 2023

Les 10 essentiels de l’horreur 2023

De la poupée techno M3GAN aux oursons géants de Five Nights at Freddy’s, véritables stars du box-office, en passant par un retour des franchises cultes The Exorcist et Evil Dead, l’année horreur 2023 aura encore fait couler beaucoup d’encre. Mais quand vient le temps de dresser les bilans, quels titres méritent vraiment le détour? Une poignée de rédacteurs·trices d’Horreur Québec se sont rassemblé·e·s pour se pencher sur la question — toujours plus complexe et subjective qu’elle n’y paraît — et ainsi déterminer les essentiels des derniers mois.

Si vous n’aviez que dix titres horrifiques à visionner cette année, voici ceux que nous vous recommandons et pourquoi : 


Talk to Me de Danny et Michael Philippou

Le succès instantané de Talk to Me est attribuable à deux choses : l’originalité de sa prémisse, pourtant toute simple, mais qui nous introduit à un univers fascinant et encore inexploré, ainsi que l’efficacité de sa réalisation sans temps morts, concoctée de mains de maîtres par les jumeaux Philippou. Avec son premier long métrage, le duo s’est mis sur la map en nous livrant l’un des films les plus terrifiants de l’année, avec des personnages adolescents crédibles et sensés, une particularité souvent trop rare dans notre genre. Talk to Me étant également la production horrifique la plus lucrative du désormais fameux studio A24, on ne s’étonne pas trop qu’une suite ait reçu le feu vert. — MB

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Poor Things de Yorgos Lanthimos

Trouvant sa place sur nos pages en partie parce qu’il s’agit d’une relecture de Frankenstein, Poor Things, dont le titre renvoie à notre regard rempli de sympathie et de pitié face à un être désavantagé, est le nouveau chef-d’œuvre du cinéaste Yorgos Lanthimos. Cette adaptation du roman d’Alasdair Gray est non seulement bourrée de touches macabres et insolites, mais fait des miracles avec son humour noir grinçant et son amour de la provocation. Si l’imagerie surréaliste convoque parfois les styles de Wes Anderson et de Terry Gilliam, cette quête identitaire féministe basée sur l’expérimentation trouve sa propre signature et devient l’un des meilleurs films de 2023. Malgré une multitude de prestations étoffées, Emma Stone trouve ici son meilleur rôle et interprète Bella Baxter de manière prodigieuse. — LH

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Beau is Afraid d’Ari Aster

Après les succès d’Hereditary et de Midsommar, le réalisateur américain Ari Aster se surpasse encore une fois en nous offrant un véritable festival d’angoisse : Beau is Afraid. Ne laissant aucune place au repos ou à la contemplation, Aster s’assure de nous laisser crispé·e·s sur le bout de nos chaises avec un narratif surréaliste et absurde où se matérialisent tous les pires cauchemars d’un protagoniste anxieux. Avec son caractère déroutant et mettant en vedette un Joaquin Phoenix exemplaire dans son rôle d’homme-enfant persécuté, Beau is Afraid s’insère comme une évidence dans la liste des films d’horreur marquants de l’année 2023! — LH

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Infinity Pool de Brandon Cronenberg

Ce qui commence comme des vacances apaisantes pour un couple de jeunes mariés finit par tourner en cauchemar inattendu. Avec Infinity Pool, Brandon Cronenberg transforme cette prémisse bien trop connue en une intéressante proposition psychosexuelle, psychédélique et futuriste. Avec des visuels mémorables passés sous le kaléidoscope, le film explore la violence, les inégalités socio-économiques et la notion de privilège en y apportant une complexité surprenante. Même si certain·e·s ont trouvé Infinity Pool trop intense, c’est certainement son audace qui lui mérite une place dans notre compilation. — LH

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Les Chambres rouges de Pascal Plante

L’année 2023 a été riche en films de procès mémorables et Les Chambres rouges de Pascal Plante fait très bonne figure parmi les Saint Omer, Anatomie d’une chute et Le procès Goldman, qui dissèquent tous à leur manière la perception humaine face à un être jugé. La délicatesse avec laquelle le long métrage interroge les technologies et la violence n’a d’égal que la précision de la mise en scène de Plante, qui se glisse très lentement dans la salle du tribunal pour scruter des regards et des expressions. Sans jamais tomber dans le voyeurisme que Pascal Plante dénonce et choisissant habilement de conserver une part d’ombre sur certaines motivations de sa protagoniste, ce thriller anxiogène est un classique instantané. Juliette Gariépy porte cette merveille sur ses épaules avec beaucoup de justesse. En apparence impassible, le personnage qu’elle incarne nous dévoile subtilement son bouillonnement intérieur. — JFC

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Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki

Godzilla n’aura jamais été aussi en forme que du haut de ses 70 ans. Les Américains font péter de tout bord tout côté avec la MonsterVerse, mais les Japonais volent pourtant littéralement le show avec le dernier Godzilla Minus One. La production Toho, réalisée avec une fraction du budget des films de Legendary (moins de 15 millions contre près de 200 millions pour Godzilla vs. Kong), prouve que l’argent n’y est pour rien. Il suffit de doser les apparitions (spectaculaires!) du monstre pour lui donner encore plus d’impact, de proposer des personnages qu’on a envie de suivre et de concocter un habile dosage de références et d’inventivité pour plaire autant aux « vieux fans » qu’aux néophytes. Une suite est, sans surprise, en construction et on s’en réjouit : plus de Godzilla il y en a, mieux ce sera. — MB

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Scream VI de Radio Silence

Après un cinquième épisode correct qui questionne la pertinence des suites et des reprises tout en nous livrant un volet justement inutile, les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett ont réussi le double pari de se libérer de l’emprise du défunt Wes Craven pour afficher leur propre signature, tout en éliminant l’héroïne habituelle de l’équation sans trop de dégâts. Contrairement au film de 2022 qui essayait de contourner les codes du slasher sans réellement y parvenir, Scream VI assume pleinement son statut de film de série et livre une kyrielle de passages saisissants, notamment un trajet en métro inoubliable. Par ailleurs, l’humour efficace nous rappelle celui des premiers opus, et si l’actrice Neve Campbell manque forcément aux inconditionnels de la franchise, Jenna Ortega et Melissa Barrera jouent avec plus d’assurance que dans le précédent opus. Il faut dire que leur rôle a aussi bien plus de consistance. — JFC

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The Last of Us de Craig Mazin et Neil Druckmann

Impossible de ne pas mentionner la série adaptée du jeu vidéo The Last of Us, qui a fait fureur à sa sortie en 2013 et repris dix ans plus tard par Neil Druckmann et Craig Mazin. Si vous avez joué au jeu, vous serez servi·e·s par un élan de nostalgie, car la série The Last of Us offre un live-action extrêmement fidèle à son oeuvre originaire. En plus de mettre de l’avant l’aventure périlleuse du bourru Joel (Pedro Pascal) et de la sympathique Ellie (Bella Ramsey) parmi des infectés (zombies), on y insère des histoires complémentaires profondément humaines qui viennent apaiser l’horreur du contexte postapocalyptique. Une chose est sure, vous sortirez de votre écoute compulsive des neuf épisodes complètement attaché·e·s aux personnages et désireux·euse·s d’en voir encore plus! Heureusement, une deuxième saison est confirmée, mais vous devrez attendre jusqu’en 2025… — LH

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Thanksgiving d’Eli Roth

Les sceptiques ont été confondu·e·s. Même si Thanksgiving est paru seize ans après le segment de Grindhouse dont il est inspiré, qu’il a perdu ses couleurs rétro et a bénéficié d’un budget plus modeste (15 millions; en comparaison, le dernier Scream VI a reçu plus du double), Eli Roth a livré la marchandise. Son dernier slasher est juteux comme les fans le réclamaient, excessivement comique et couillu dans son exécution — peu de gens à Hollywood se permettraient un dénouement aussi rôti — et réussit à livrer un commentaire pas trop con sur notre société de consommation. Une nouvelle franchise est née : John Carver a tellement séduit le public qu’il revêtira son chapeau de pèlerin en 2025. On sera là pour le festin! — MB

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Leave the World Behind de Sam Esmail

Si les films les plus polarisés sont souvent les plus intéressants, Leave the World Behind en est certainement un bon exemple. Audacieux d’insérer la production Netflix dans notre top de fin d’année? Pas tant que ça. En s’encrant dans un avenir rapproché on ne peut plus réaliste, la réalisation de Sam Esmail (Mr. RobotHomecoming) tiraille nos anxiétés quotidiennes bien actuelles et génère plus de frissons que la plupart des titres horrifiques que 2023 nous aura offerts. La menace, qui s’infiltre de partout, engendre une multitude des réflexions sociales fascinantes (et déchirantes) chez nos personnages cloîtrés, incarnés par une distribution AAA. La finale sarcastique et ouverte vous a déçu? Saluons plutôt l’audace de Leave the World Behind de nous avoir donné une vision originale et inattendue de la fin du monde. — MB

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