[Les Dossiers X] Les 5 endroits les plus hantés au Québec: terreur dans la belle province

Pour faire changement, j’ai décidé ce mois-ci de parler d’une bande-dessinée — québécoise qui plus est — dans le cadre de ma chronique à l’émission Radio X-Files diffusée sur les ondes CHOI 98,1 Radio X.

Financée grâce à une campagne de sociofinancement et publiée aux Éditions Sawin, chaque histoire de Les 5 endroits les plus hantés au Québec.  est illustrée par un bédéiste différent, mais toutes écrites par Nick Micho, l’instigateur du projet. On ignore comment ce dernier a conçu sa sélection, ni comment il a pu établir ce palmarès, mais cela donne une belle occasion de parler de phénomènes paranormaux québécois.

Le Petit Bonhomme sans tête de L’Isle-aux-Grues

Illustrée par Julien Dallaire-Charest, la première histoire relate la légende du Petit Bonhomme sans tête qui aurait sévi sur L’Isle-aux-Grues entre 1810 et 1841. Ces apparitions ont été entre autres rapportées par l’abbé Béchard dans le livre Histoire de l’île aux Grues et des îles voisines, publié en 1902.

Ayant presque la taille d’un nain, le Petit Bonhomme sans tête était selon les témoignages habillé d’un pantalon gris et d’un habit noir. La première personne qui l’aurait vu se nomme Catherine Gagné, dite la «Catin» (un surnom qu’elle a perdu suite à son mariage). Jusqu’à sa mort, Mme Gagné a soutenu qu’elle avait bien vu cet homme sans tête. Plusieurs autres personnes affirment l’avoir vu par la suite.

Ces apparitions ont été observées sur la côte qui domine la basse-ville entre la demeure de Joseph Vézina et celle d’Antoine Rodrigue (ce qui représente 3 arpents de terre). Les témoins l’ont vu marcher sur la neige molle, dans les champs ou à côté du chemin, mais l’homme sans tête aurait laissé aucune empreinte. On dit également que sa démarche avait l’allure délicate et légère du chat et qu’il ne parlait jamais (ce qui est logique, puisqu’il n’a pas de tête).

Contrairement à la BD — où on parle d’attaques violentes et même de deux meurtres — l’abbé Béchard affirme que l’homme sans tête s’est toujours montré inoffensif.

Le Morrin Centre

La deuxième BD porte sur le Morrin Centre, qui est actuellement un lieu consacré à la culture anglophone situé dans le Vieux-Québec. Elle a été illustrée par Le David Gauthier, probablement l’artiste le plus talentueux a avoir travaillé sur cette publication. Les amateurs de bandes-dessinées le connaissent entre autres pour Le poids du vide, publié en 2014.

Entre 1813 et 1868, le Morrin Centre était une prison. Seize exécutions auraient eu lieu dans cet établissement, devenu par la suite un collège en médecine. Le prisonnier le plus notoire à y avoir été détenu est le docteur L’Indienne. Le site internet du Morrin Center avait publié un portrait de ce personnage, qui n’est malheureusement plus en ligne.

De son vrai nom François Marois, le docteur L’Indienne a été reconnu pour un premier crime en 1924. Condamné à 12 mois de prison pour avoir attaqué et sodomisé un homme de Lévis, l’homme a réussi à s’évader le 15 avril 1825. Marois se serait installé par la suite à Saint-Jean-Port-Joli, situé entre Québec et Rivière-du-Loup.

Quatre ans plus tard, le 19 août 1829, le fleuve Saint-Laurent a rejeté le cadavre de François-Xavier Guilmet, un colporteur. Deux blessures sont observées à la tête, ce qui amène les enquêteurs à conclure à un meurtre. Rapidement, on accuse Marois de l’avoir assassiné. Le mois suivant, l’accusé subit son procès et est déclaré coupable. Il est pendu en face de l’ancienne prison de Québec — aujourd’hui le Morrin Centre — le 30 septembre 1829.

François Marois a plaidé son innocence devant le jury, mais a avoué son crime le jour de son exécution. Il a même affirmé avoir commis d’autres crimes beaucoup plus graves, sans les détailler.

Il semble que le surnom de Docteur L’Indienne soit apparu bien après sa pendaison. Dans les journaux de 1829, on surnomme plutôt Marois par deux autres alias: Malouin ou Lafage. Si le docteur L’Indienne (prononcé Linguenne et Dinguenne dans la paroisse) est devenu une légende, c’est suite à la supposée découverte de 12 squelettes humains dans le sous-sol de son ancienne maison. En effet, dans le livre Histoire de la Seigneurie de Lauzon, écrit par J. Edmond Roy et publié en 1900, on raconte que lorsque sa petite maison a été détruite pour faire place à la résidence de M. Timolaüs Beaulieu, ancien maire de Lévis, des ossements humains ont été découverts en creusant les fondations; une affirmation qui a été démentie par Gérard Ouellet dans le livre Ma paroisse, Saint-Jean-Port-Joly publié en 1946.

Peu importe, qu’on ait retrouvé ou non des squelettes à cet endroit, plusieurs choses pourraient expliquer cette macabre découverte, comme l’existence d’un vieux cimetière oublié. De plus, comme on ne connaît pas la date de la découverte présumée de ces squelettes, on ne peut pas consulter les registres paroissiaux pour vérifier si les dépouilles ont été transportées par la suite dans une terre consacrée.

La Dame blanche de la chute Montmorency

Dans de nombreux pays, on raconte la légende d’une Dame blanche errant aux abords de chutes majestueuses. Au Québec, c’est près de la chute Montmorency que certaines personnes prétendent avoir observé une forme blanche errer dans la nuit (un timbre de Poste Canada lui a même été consacré).

Ce spectre est attribué à une certaine Mathilde qui se serait jetée du haut des chutes en 1759. Cette date sonne probablement des cloches pour certains, surtout pour les férus d’histoire. Nous sommes en pleine guerre de Sept Ans et c’est lors de cet été, plus précisément le 31 juillet, que le général James Wolfe a lancé une attaque à Beauport. Sur le point de se marier, Mathilde aurait perdu son futur époux, Louis, lors de cette attaque, qui a pourtant échoué.

En effet, surpris par un orage qui rend inefficace la poudre, les Britanniques ont avorté leur attaque après avoir perdu 210 soldats. Du côté des Français, 70 morts sont comptabilisés. Louis étant malheureusement du nombre, Mathilde se serait suicidée du haut des chutes, habillée de sa robe de mariée.

L’asile de Sainte-Clothilde-de-Horton

Le prochain lieu est selon plusieurs l’endroit le plus hanté du Québec. De nombreux chasseurs de fantômes et amateurs de sensations fortes y ont mis les pieds. Un film d’horreur mettant en vedette Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant y a même été tourné en partie: le found footage P=wp L’Énergie Sombre de Leonardo Fuica (lisez mon entrevue avec le cinéaste lors de la sortie du film).

Si on doit se fier aux nombreuses rumeurs qui circulent sur le Web, l’asile de Sainte-Clothilde-de-Horton aurait été victime d’un premier incendie meurtrier en 1958 (un incident soutenu par aucun fait historique). À l’époque, l’endroit était encore un monastère, construit vingt ans plus tôt par les missionnaires du Sacré-Cœur. Le gouvernement aurait acheté l’édifice par la suite pour en faire un asile et un autre incendie (cette fois avéré) s’est produit en 1988. Lors de ce dernier drame, huit pensionnaires ont perdu la vie.

Des chasseurs de fantômes prétendent avoir capté des voix d’enfants sur les lieux, ce qui est curieux puisque les victimes de l’incendie de 1988 seraient toutes âgées entre 28 et 50 ans.

L’ancien propriétaire des lieux, l’Église adventiste du septième jour, aurait organisé des visites touristiques payantes et également exploité le lieu comme un espace pour le camping. Racheté en 2009 par un certain Roger Thivierge, le nouveau propriétaire ignorait l’attrait touristique des lieux au départ, puis aurait engagé un agent de sécurité et demandé un prix d’entrée de 10$ par personne.

Le 18 octobre 2017, le juge Clément Samson de la Cour Supérieure a ordonné la fermeture du bâtiment abandonné. Évidemment, plusieurs amateurs de phénomènes paranormaux ont réagi négativement à cette nouvelle. Une pétition a même été lancée afin de maintenir l’accès au bâtiment.

Il faut dire qu’entre janvier 2011 et septembre 2017, la SQ a été appelée à intervenir à 28 reprises sur les lieux pour introductions par effraction, présences de personnes suspectes ou débuts d’incendie. C’est pour ces raisons, ainsi que la dangerosité des lieux, que le juge aurait ordonné la fermeture de l’asile.

La maison hantée du chemin de la Grève-de-la-pointe

Entre Rivière-Trois-Pistoles et Saint-Éloi, près du chemin de la Grève Lapointe, existe une vieille maison de pierres que l’on considère comme hantée. Construite autour de 1830 par Magloire Delisle et ses frères, cette maison hébergeait un relais de navigateurs. Ces derniers étaient habituellement engagés par les navires étrangers qui avaient besoin de leur expertise afin de naviguer en toute sécurité jusqu’à la ville de Québec. Selon la légende, l’alcool y coulait à flots et des bagarres s’y produisaient régulièrement.

Suite à une soirée bien arrosée, un homme aurait été tué lors d’une dispute et pour cacher le crime, le cadavre de la victime aurait été enterré dans le sous-sol de la maison. On raconte que par la suite pendant la nuit, les habitants entendaient toutes sortes de bruits, ce qui les a amenés à déserter peu à peu les lieux jusqu’à son abandon total. Encore aujourd’hui, certaines personnes affirment entendre durant la nuit la voix du défunt qui réclame d’être enterré en terre sainte.

Écrite et illustrée par Nick Micho, cette histoire termine cette BD qui s’avère au final sympathique, mais un peu anecdotique. En effet, chaque BD est plutôt courte et ne fait que survoler les différentes légendes. De plus, on est loin de l’œuvre documentaire, puisque plusieurs libertés semblent avoir été prises avec les faits historiques.

Lieux hantés au Québec

Ils existent beaucoup d’autres lieux dits hantés au Québec, comme la Cathédrale de la Sainte-Trinité et le Château Frontenac dans la ville de Québec ou encore la Prison du Pied-du-Courant, le Château Ramezay et l’Auberge Saint-Gabriel à Montréal, en plus de La Maison Trestler à Vaudreuil-Dorion et l’Auberge Willow Inn à Hudson.

Bref, les créateurs québécois ne manquent pas de sources d’inspiration issues de nos légendes locales. Souhaitons que certains d’entre eux les exploitent également dans un futur proche, que ce soit en BD ou au cinéma.

Pour (ré)écouter la version radiophonique de cette chronique faite dans le cadre de l’émission Radio X-Files, cliquez ici.

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