On était loin de se douter, en février dernier, que ce mois-ci nous asseoirait de force devant nos téléviseurs, cherchant désespérément quoi se mettre sous la dent. Pour les fans d’horreur, c’est l’occasion «parfaite» pour replonger dans de vieux classiques, des films mis de côté trop longtemps ou d’ouvrir quelques bouquins qui commençaient à prendre la poussière.

Voyez ce qui a retenu l’attention de notre équipe de rédacteurs en mars côté nouveautés, classiques, séries, bouquins, jeux vidéo et même chaînes YouTube:


The Babysitters Coven couverture livre

Élise Lucie Henripin

The Babysitters Coven (2019) de Kate Williams, Delacorte Press

Quand j’ai mis la main sur The Babysitters Coven, un nouveau roman pour ado inspiré du Baby-Sitters Club et de Buffy the Vampire Slayer, j’ai fait quatre backflips et trois pipis contents. Même si son club de gardiennes a perdu du souffle, Esme, dix-sept ans, en dépend pour réparer les bourdes causées par ses nouveaux pouvoirs de télékinésie qui lui coûtent cher. L’arrivée d’une étudiante qui contrôle le feu et une série de kidnappings manqués poussent cette ado qui se croyait ordinaire (si ce n’est de son sens de la mode extraordinaire — les fans de Claudia Kishi se régaleront) à découvrir qu’elle appartient à une lignée de gardiennes magiques qui ont le devoir de protéger les innocents des créatures de l’enfer… avant que les parents rentrent à la maison. The Babysitters Coven est drôle, touchant, rafraîchissant et rempli d’action: bref, parfait pour une parenthèse agréable en cette période d’ennui et d’incertitude. Vivement septembre 2020 pour le deuxième tome.


Steve Villeneuve

Absentia (2017) de Oded Ruskin

Lorsque la série Castle s’est terminée, j’ai vécu un grand deuil. Je ne savais pas quand j’allais revoir Stana Katic dans mon téléviseur et ce, à chaque semaine. J’ai fait comme tout le monde quand on se fait larguer par une ancienne flamme, j’ai pleuré un petit peu et j’ai fini par oublier. Il y a deux semaines, ma femme et moi étions à la recherche d’une nouvelle série et par pur hasard, nous sommes tombés sur Absentia. Disons que le combo Katic, FBI et tueurs en série m’a allumé assez vite. Nous avons dévoré les deux saisons en moins d’une semaine. La deuxième saison est un peu inférieure à la première, qui elle, est excellente, mais reste quand même agréable à regarder. La série a été renouvelée, mais aucune date de sortie n’a encore été dévoilé. Absentia est disponible en anglais sur Amazon Prime ou en français sur Club Illico.

Alors qu’elle enquêtait un tueur en série, Emily Byrne, agente du FBI, est portée disparue et déclarée morte. Elle réapparaît 6 ans plus tard et n’a aucun souvenir de ses années de captivité. Elle découvre par la même occasion que son mari s’est remarié avec une autre femme et qu’ils ont élevé ensemble son fils qui ne se souvient pas d’elle. Les meurtres recommencent et Emily est accusée d’en être l’auteur. Elle prend la fuite et part sur les traces du véritable assassin.


Jean-François Croteau

The Omen (1976) de Richard Donner

En cette période de confinement, je me suis lancé dans le coffret The Omen Collection, sorti l’automne dernier par Scream Factory. On a vu et revu ces films, me direz-vous. Pourtant, me plonger dans le premier épisode restauré, et en version originale anglaise, a été une véritable révélation pour moi. Je savais que le film était bon, certes, mais il ne m’avait jamais égratigné à ce point. Plusieurs passages sont saisissants et la musique de Jerry Goldsmith est extrêmement puissante. Bien sûr, il s’agit d’un dérivé de The Exorcist. Le scénario force un peu la note pour certains angles, mais on lui pardonne assez rapidement quand on constate les thèmes audacieux qu’on aborde pour l’époque. Qu’il s’agisse du deuil, de la dépression, de l’avortement, de l’adoption, des pouvoirs politiques ou même du parricide, The Omen frappe encore fort aujourd’hui. Je vous conseille de le revoir dans ce format.

The Omen 1976 affiche film


Pat Houle

I See You (2019) d’Adam Randall

Par un soir de mars pluvieux, une agréable surprise, fraîchement arrivée sur Prime Video, m’attendait. Ayant lu quelques critiques assez moyennes, j’appréhendais quelque chose de léger, voire très mauvais. Erreur. Ce nouveau film mettant en scène l’oscarisée Helen Hunt (As Good as It Gets) n’est rien de moins qu’un casse-tête imprévisible où surprises et rebondissements sont au rendez-vous! Sans crier au génie, I See You reste un très bon thriller qui prouve qu’un scénario original n’a jamais fait de mal à personne! Et, de grâce, évitez la bande-annonce qui en révèle (encore!) beaucoup trop.

I see you affiche film


Éric Arseneault

Bloodstained: Ritual of the Night (2019) de ArtPlay

Si la série Castlevania de Netflix vous a donné envie de retourner aux jeux vidéo qui l’ont inspirée, Bloostained: Ritual of the Night, le plus récent opus de la franchise, comblera amplement vos besoins. Le jeu de style metroidvania —  mot-valise combinant Metroid et Castlevania —  a été publié en juin dernier par les studios 505 Games, sous la direction de Koji Igarashi, ancien producteur de la célèbre franchise.

Sous les traits de Miriam, vous explorerez différentes sections: un laboratoire secret, une tour de château, un village abandonné et j’en passe. Tout cela dans le but de poursuivre de méchants personnages qui veulent acquérir des pouvoirs maléfiques afin de dominer le monde et de semer la terreur. Certes, l’histoire utilise une formule usée à la corde, mais le plaisir est au rendez-vous. La jouabilité emprunte beaucoup à l’un des meilleurs jeux de la série, Symphony of the Night. Vous pouvez «upgrader» votre personnage en changeant son arme et ses différentes armures. Également, tout comme Castlevania: Order of Ecclesia, lorsque vous tuez des monstres, vous avez la chance d’obtenir un glyphe qui vous donne accès à leur pouvoir. La difficulté du jeu est bien équilibrée et les boss sont parfois difficiles, sans pour autant devenir frustrants. La trame sonore est géniale et rappelle les jeux de l’époque de la Super Nintendo. Profitez-en, il est souvent en solde sur les différentes plateformes. Un jeu à essayer! Disponible sur PS4, Xbox One, Nintendo Switch et PC.


Raphaël Boivin-Fournier

Mythologics (2017, série YouTube) de ALT-236

Un jour, par hasard, je suis tombé sur une vidéo de ALT-236 au fil de mes pertes de temps sur YouTube. Chaîne française dédiée à l’imaginaire macabre et sombre, elle héberge plusieurs formats d’analyse sur différentes formes d’art. On passe du pictural à la littérature en passant par le jeu vidéo et le cinéma, mais toujours à travers le prisme de l’horreur. Si toute la chaîne vaut le détour, je conseille particulièrement aux lecteurs d’Horreur Québec la série Mythologics qui s’attarde en profondeur sur des univers que plusieurs reconnaîtront. L’épisode sur Hellraiser, en particulier, vaut vraiment le détour et permet de voir la saga sous un nouvel angle.


Jason Paré

Alice Sweet Alice (1976) de Alfred Sole

Comme plusieurs d’entre vous, je ne manque pas de temps de libre en ce moment, alors j’en profite pour visionner des VHS que j’ai acquises au cours des années, mais que je n’avais pas encore regardé. C’est le cas du Director’s Cut d’Alice Sweet Alice (aussi connu sous les titres Communion et Holy Terror), un proto-slasher réalisé par Alfred Sole. Je dois avouer être tombé sous le charme de cette petite production de 1976 racontant l’histoire d’Alice (Paula E. Sheppard), une jeune fille de 12 ans soupçonnée du meurtre de sa sœur Karen (Brooke Shields qui connaîtra un immense succès quatre ans plus tard avec The Blue Lagoon). Si les personnages féminins sont un peu trop hystériques, Alice Sweet Alice a toutes les qualités des productions horrifiques indépendantes des années 70. Personnages plus grands que nature, photographie granuleuse et violence décomplexée, sont quelques-unes de ces qualités. À l’instar de The Omen, le succès planétaire de The Exorcist n’est probablement pas étranger aux motifs derrière la production d’Alice Sweet Alice, mais au-delà de l’iconographie religieuse omniprésente, le film d’Alfred Sole se démarque sans problème des longs métrages de William Friedkin et de Richard Donner. À voir.

Alice Sweet Alice affiche film


Marc Boisclair

The Trials of Gabriel Fernandez (2020) de Brian Knappenberger

Quand vient le temps d’un long congé (forcé ou non), j’ai besoin d’une true crime à bingewatcher. Élise, notre experte en la matière, m’a recommandé de plonger dans The Trials of Gabriel Fernandez, paru en février dernier sur Netflix, mais pas d’abord sans un avertissement. La série documentaire épluche en effet l’une des histoires les plus tristes et les plus difficiles à regarder dans le genre; celle du jeune Gabriel Fernandez, 9 ans, battu à mort par sa mère et son conjoint en 2013 à Los Angeles. La réalisation crue, mais pourtant pas gratuite, ne nous épargne aucun détail et nous enferme littéralement dans le même petit cabinet que celui dans lequel le garçon aura passé les derniers mois de sa vie. C’est à bout de souffle qu’on termine cette série — impossible à regarder d’un trait — qui dresse un regard sinistre sur le système de protection des enfants aux États-Unis et l’altruisme défaillant de notre société moderne. Coeurs sensibles s’abstenir.

Rédacteur en chef

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