Maurice Devereaux Sawney Beane

Maurice Devereaux adapte l’histoire de meurtres et de cannibalisme de Sawney Beane sous forme de BD [Entrevue]

Maurice Devereaux, scénariste, réalisateur et producteur de films canadiens, qui a laissé sa marque avec des long-métrages comme $la$her$ et End of the Line, est de retour avec un nouveau projet des plus audacieux.

Clan of the Devil: The Sawney Beane Saga se présente comme une adaptation bédéesque de l’histoire du clan de Sawney Beane, un clan écossais que l’on tient responsable d’une série de meurtres, incluant des actes de cannibalisme, envers 1000 personnes au cours du XVIe siècle. La BD, qui nous sera bientôt disponible, lance aujourd’hui sa campagne Kickstarter et sollicite maintenant votre appui.

svg%3EHorreur Québec a eu la chance de parler au créateur pour en apprendre plus sur le projet exhaustif.


Horreur Québec: Après ton film End of the Line, qui a été présenté à Fantasia et au TIFF en 2007, on s’attendait à te voir revenir vite avec un nouveau film d’horreur, mais tu nous reviens avec une série de bandes dessinées. Que s’est-t-il passé?

Maurice Devereaux: Après End of the Line, j’ai écrit un scénario qui mettait en scène le bonhomme sept heures, et je t’avoue que je trouvais l’idée très cool, puisqu’on en a tous entendu parler au Québec. Ça ne s’est finalement pas concrétisé.

Ensuite, j’ai pensé à 30 Days of Night. Avant d’être un roman graphique, personne ne pensait que ça pouvait être un bon film. Le problème avec un scénario, c’est que si on ne fait pas le film, c’est un travail qui n’existe pas. J’ai pensé donc à me lancer dans la BD. J’ai repris mon vieux scénario que j’ai retravaillé, et avec Internet on a accès à beaucoup de choses. J’ai trouvé plein de nouvelles pistes que je trouvais débiles. Le projet est devenu de plus en plus gros. J’ai travaillé sur ça durant huit ans à temps plein.

Je n’ai pas abandonné le cinéma, mais faire un film, c’est très difficile. J’ai payé End of the Line de ma poche et j’ai perdu beaucoup d’argent. Le film a ramassé beaucoup d’argent, mais pas moi. Les distributeurs sont gourmands et de nos jours avec les torrents, on mange la volée.

Dans le temps d’End of the Line, les clubs vidéo aidaient aussi. Ils demandaient de fournir une grande quantité de films en échange d’un pourcentage généreux sur les locations. J’aurais pu faire beaucoup d’argent rapidement. Quinze milles copies de mon film, payées de ma poche, se sont retrouvées sur les étagères et… ils ont fait faillite! [Rires]

C’est tout ça qui m’a poussé hors des cinémas pour le moment. Avec SODEC, ça va bien, mais sinon c’est le Far West.

HQ: Ta BD s’inspire du personnage historique Sawney Bean et d’une secte de cannibales, et ceux qui aiment The Hills Have Eyes?

MD : Oui. Wes Craven s’était inspiré de l’histoire pour son The Hills Have Eyes. Il faut comprendre qu’il y a des eu des accouplements dans ce groupe et des naissances. Pour les enfants ayant grandi dans une caverne et ayant évolué avec cette culture-là, ce sont les étrangers les méchants. Ça m’intéressait de reprendre ce point de vue.

HQ: Il y a encore des historiens qui disent que toute cette histoire est une légende urbaine.

MD : Sérieusement, j’ai lu des fragments d’archives qui citaient des faits véridiques. C’est certain que l’histoire originale n’est pas basée sur de l’air. Je ne dis pas que personne n’a extrapolé autour. Cela dit, il y a tellement de coïncidences qui nous poussent à y croire. Il y a même des archives de tribunaux de l’époque qui en parlaient. J’ai certainement feuilleté autour de deux cents livres pour me documenter. La BD sera surprenante pour beaucoup de lecteurs.

Game of Thrones mettait en scène plein d’interactions politiques et les gens ont embarqué. Je me dis qu’il y a un public pour ça. Ce n’est pas juste un gorefest. L’histoire de six pages est devenue plus de mille pages de BD divisées en douze volumes.

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HQ: Auparavant, dans les adaptations cinématographiques [The Hills Have Eyes, Ravenous] qui s’en inspiraient, le contexte socio-historique était changé, alors que ta BD va le respecter.

MD: Oui, ça se passe en Écosse et au seizième siècle. Aucun de ces films n’est d’époque et raconte les faits dans la bonne période.

HQ: Mais au-delà du fait que la BD peut, si on veut, faire office de storyboard, c’est quand même un tout autre milieu de production. C’est comme si tu réorientais ta carrière?

MD: C’est sûr, mais c’est quand même un cousin du cinéma. Mais c’est certain que j’ai eu à engager des experts. Je ne pouvais pas payer les artistes une fortune, donc j’ai eu à jongler avec le départ et l’arrivée de collaborateurs. Il m’a fallu recommencer les dix premières pages deux fois, car des artistes quittaient.

HQ: Le fait que tu te réfères à 30 Days of Night laisse croire que tu aimerais peut-être adapter ta BD au cinéma ou pour la télévision?

MD : Même si ça ne devient jamais un film ou une série, la BD va exister. Des scénarios dans des tiroirs, ça n’apporte rien. Dans le pire des cas, et je trouve que c’est un pire assez acceptable, il va y avoir la bande-dessinée.

HQ: Peut-être qu’une suite à $la$her$ pourrait aider à ramasser des fonds?

MD: Il y a tellement de monde qui ont été impliqué dans ce film et qui ont fait faillite. $la$her$, au niveau des droits, ce sera plus complexe. Ça ne me brise pas le cœur.

HQ: Quand j’ai vu le film 31 de Rob Zombie, et connaissant ses goûts pour le underground, je me suis dit qu’il y avait forcément une inspiration et un hommage à $la$her$. Peux-tu nous le confirmer ou l’infirmer?

MD : Non, malheureusement. Je ne le sais pas. En plus, je n’ai pas vu 31. Il y a eu quelques films similaires aussi. Moi, ce que je voulais, c’est que les participants soient volontaires. $la$her$ a été distribué par Fangoria, donc il [Rob Zombie] l’a peut-être vu. Si $la$her$  avait eu plus de moyens, ça aurait pu être un gros hit. Les acteurs étaient amateurs et on a fait ça avec un budget tellement limité.

HQ : Si on veut acheter Clan of the Devil: The Sawney Beane Saga, comment on fait?

MD : Le 27 avril, on pourra la commander sur Kickstarter. Ça m’aiderait beaucoup que les gens la commandent là, parce que plus ils la commanderont et plus le site va la recommander à d’autres lecteurs de BD.

HQ : Si on commande le 27 avril, je présume qu’on peut s’attendre à le recevoir en juin?

MD : Oui, c’est ça. Mais il va y avoir différents choix. Il va y avoir un format de collection qui va faire plus comic book américain. Tout sera clair sur le site.

N’importe qui aimant la BD va imaginer une série télé. Le style réaliste était important pour moi. J’ai fait des recherches et j’ai regardé des toiles dans des BD. C’est très cinématique. Une des albums fera environ 110 pages en couleurs.


Nous souhaitons le plus grand des succès à ce projet faramineux, et nous encourageons nos lecteurs à en faire la commande dès maintenant. Les intéressés pourront trouver les informations nécessaires via la campagne Kickstarter.

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