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Nosferatu: 100 ans de terreur

Nosferatu. Ce mot ne sonne-t-il pas comme l’oiseau de la mort appelant votre nom à minuit? Méfiez-vous de ne jamais le dire – car alors les images de la vie s’estomperont, des rêves obsédants sortiront de votre cœur et se nourriront de votre sang.

— Professeur Bulwer, Nosferatu (1922)

Il y a 100 ans aujourd’hui, le 16 février 1922, avait lieu la grande première d’un des films d’horreur les plus mythiques de l’histoire du cinéma. Nosferatu, eine Symphonie des Graunes (Nosferatu le vampire) réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau, d’après un scénario de Henrik Galeen, est une adaptation non officielle et non autorisée du célèbre roman Dracula de Bram Stoker. Plusieurs éléments du récit, dont les noms des personnages, furent changés afin d’éviter les accusations de plagiat. Malgré tout, la veuve de l’auteur a poursuivi la production et la cour a ordonné que tous les exemplaires du film soient détruits. Heureusement, quelques copies ont survécu, puisque Nosferatu est depuis considéré comme l’un des joyaux du septième art, dont l’influence se fait encore sentir de nos jours.

Le film muet, découpé en cinq actes, raconte l’histoire de Thomas Hutter, commis d’agent immobilier, qui quitte sa jeune femme Ellen pour le château du comte Orlok en Transylvanie. Hutter y découvre que le comte est en fait Nosferatu le vampire et qu’il planifie prendre possession d’une nouvelle demeure située face à celle du couple.

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L’article du journal Haagsche Courant annonçant la première de Nosferatu dans les cinémas Flora and Olympia de La Haye aux Pays-Bas avant la première allemande.

Nosferatu s’inscrit dans le courant artistique appelé expressionnisme, souvent associé à l’Allemagne, mais également présent dans d’autres pays d’Europe. L’une des œuvres les plus représentatives du mouvement est sans aucun doute Le cri du peintre norvégien Edvard Munch (qui a d’ailleurs inspiré le masque de Ghostface de la franchise Scream). Ces artistes exprimaient le climat d’après guerre, dont l’Allemagne s’est difficilement remis, à la fois au théâtre, en littérature, en poésie, en peinture, puis au cinéma. L’utilisation du symbolisme et de la mise en scène créait une atmosphère qui donnait une profondeur expressive aux œuvres. La déformation de la réalité à l’aide de décors abstraits, les ombres, les maquillages, les jeux d’acteurs et la musique ont contribué à la visibilité de ce cinéma à l’international, qui s’est grandement démarqué malgré son manque de moyens. Le cabinet du docteur Caligari et Le golem sont également nés du mouvement.

F.W. Murnau
F.W. Murnau

L’utilisation de la lumière dans Nosferatu est particulièrement intéressante. Le vampire étant une créature de la nuit, Murnau a conçu des effets de clair-obscur afin de créer un contraste entre les ombres et le décor, rendant ainsi le personnage encore plus fantomatique. Outre ses scènes devenues iconiques, la notoriété du long-métrage revient beaucoup à l’acteur Max Schreck, dont la légendaire personnification du comte Orlok a terrifié des générations de spectateurs. Certains croyaient même qu’il s’agissait d’un réel vampire. La légende a d’ailleurs inspiré le film Shadow of the Vampire de E. Elias Merhige en 2000, avec Wilem Dafoe dans le rôle de Schreck, racontant l’histoire du tournage sous cet aspect.

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Le cinéma d’horreur ne serait pas le même sans Nosferatu, et son influence est toujours palpable dans le médium. Bon nombre de films de vampires continuent de rendre hommage à ce pionnier de l’épouvante. Le film faisant maintenant partie du domaine public, diverses versions et remakes ont vu le jour, dont celui de Werner Herzog réalisé en 1979. Le rôle du comte sera bientôt confié à Doug Jones (Hellboy, Pan’s Labyrinth, The Shape of Water) dans un futur projet de David Lee Fisher, qui avait déjà réalisé sa propre version de The Cabinet of Dr. Caligari en 2005. Un autre remake serait envisagé, cette fois-ci par le cinéaste Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse), bien que le projet soit présentement sur pause. Plusieurs fans ont aussi même proposé leurs propres retouches à l’original, disponibles en ligne ou en DVD. Certains ont créé des teintes différentes, alors que d’autres proposent des nouvelles compositions musicales. On peut également trouver une version colorisée et une autre en 3D, présentée par nul autre que Lloyd Kaufman (!).

L’œuvre centenaire n’effraie peut-être plus aujourd’hui comme autrefois, mais comme a dit le célèbre critique Roger Ebert: «Il ne nous fait pas peur, mais il nous hante.»

F.W. Murnau's Nosferatu – Deluxe Remastered Edition (Trailer) - 2013 Edition

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