Super-héros et cinéma horrifique: 10 incontournables d’un genre hybride

Avec la sortie imminente (et maintes fois reportées) de The New Mutants et celle de Morbius prévue en mars 2021, on a eu envie de vous proposer un dossier consacré aux films de super-héros flirtant avec notre genre de prédilection: le cinéma d’horreur.

Eh oui, les héros en collant sont partout et bien avant le succès interplanétaire du MCU (Marvel Cinematic Universe), ceux-ci s’infiltraient sournoisement dans le genre horrifique, pour le meilleur et pour le pire.

Voici dix titres qui méritent selon nous votre attention:


Swamp Thing (1982) de Wes Craven

Quoi? Wes Craven a déjà réalisé un film de super-héros?! Ben oui toé, pis ça, deux ans avant A Nightmare on Elm Street. Swamp Thing est une grosse série B bourrée de défauts, mais peu d’enfants des années 1980 n’ont pas trippé sur cette adaptation d’un personnage de DC Comics co-créé par le regretté Bernie Wrightson. En plus, la distribution aligne les acteurs cultes aussi rapidement qu’une religieuse égraine son chapelet: Ray Wise (Twin Peaks), Adrienne Barbeau (The Fog), David Heiss (The Last House on the Left) ou encore Nicholas Worth (Darkman). En gros, des pas fins cherchent à voler une invention qui pourrait éradiquer la famine dans le monde (rien de moins), mais un incident transforme en monstre le docteur Holland (Wise), à l’origine de cette découverte. Ça le met en rogne – on peut le comprendre – surtout que les pas fins ont kidnappé la belle Alice (Barbeau). L’heure de la vengeance a sonné!

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Darkman (1990) de Sam Raimi

Douze ans avant Spiderman, Sam Raimi s’essayait pour une première fois au genre super-héroïque avec Darkman, mettant en vedette Liam Neeson et France McDormand. La rumeur veut que le réalisateur ait souhaité que Bruce Campbell incarne le rôle-titre, mais il ne serait pas parvenu à convaincre la production. Ce serait pour cette raison que notre Ash national aurait eu droit à une petite apparition à la fin du film. Peu importe, avec Darkman, on retrouve l’énergie ébouriffante du réalisateur des Evil Dead, qui réinterprète à sa propre sauce le mythe du super-héros, mais également celui du fantôme de l’opéra et de l’homme invisible. Après le Batman de Tim Burton sorti un an plus tôt, c’est encore Danny Elfman qui compose la musique. Son nom sera d’ailleurs indissociable des films de super-héros pendant plusieurs années (petite anecdote: il composera également la musique de la série Flash la même année).

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The Crow (1994) d’Alex Proyas

Alex Proyas va à fond dans les faux décors gothiques et les éclairages expressionnistes avec The Crow, un film totalement ancré dans les années 90, que ce soit d’un point de vue esthétique ou musical (la trame sonore inclut entre autres des pièces de The Cure, Nine Inch Nails, Pantera, Stone Temple Pilots, Violent Femmes et The Jesus and Mary Chain). On dirait quasiment que les images ont été filmées en noir et blanc et que seuls le sang et le feu sont en couleur (un peu comme les pubs de la bière Black Label qui jouaient à la télé à la même époque). Marquée par la mort violente de Brandon Lee pendant le tournage, cette adaptation d’une bande dessinée créée par James O’Baar raconte l’histoire d’Eric Draven, un rockeur qui revient d’entre les morts afin de venger le viol et le meurtre de sa fiancée. En plus de Lee, les acteurs Ernie Hudson (Ghostbusters), Michael Wincott (Strange Days) et Tony Todd (Candyman) font partie de la distribution.

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Todd McFarlane’s Spawn (1997-1999)

La série animée de Spawn n’est pas seulement supérieure au film, mais aux comics eux-mêmes! Plus mature, plus violente, plus sombre que la daube de Mark Dippé, cette production HBO a été une véritable claque à l’industrie de l’animation américaine, très conservatrice et proposant à l’époque peu d’œuvres pour un public adulte (parce que comme tout le monde sait, l’animation, c’est pour les enfants). C’est le grand Keith David (The Thing) qui interprète le rôle de Al Simmons, un soldat d’élite qui s’est retrouvé en enfer après avoir été assassiné par deux de ses collègues. Dans l’espoir de revoir sa femme Wanda, Al Simmons accepte de vendre son âme au démon Malébolgia et de devenir le commandant des troupes de l’enfer en prévision de l’Armageddon. Des acteurs comme Brian Cox, Eric Roberts, Jennifer Jason Leigh, Brion James, Robert Forster et Kurtwood Smith prêtent leur voix pour ce joyau télévisuel.

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Blade (1998) de Stephen Norrington

Vingt ans avant le décevant Black Panther, Wesley Snipes incarnait un super-héros noir au cinéma. Blade est d’ailleurs la première adaptation de Marvel à obtenir du succès sur le grand écran et c’est aussi ce film qui relança l’intérêt des studios pour les productions super-héroïques après les échecs de Spawn, Batman & Robin et Steel l’année précédente. En plus d’être le précurseur de la nouvelle vague de films de super-héros qui monopolisent les salles depuis le début du siècle, Blade a également lancé une nouvelle mode de films d’action horrifique mettant en vedette des surhommes/surfemmes confrontés à des monstres classiques du cinéma (Resident Evil, Underworld, Legion). Après son premier film Death Machine, le réalisateur Stephen Norrington transcende le matériau de base et propose une œuvre visuellement magnifique, autant du côté de la photographie, des effets spéciaux et de la direction artistique.

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Faust: Love of the Damned (2000) de Brian Yuzna

Tandis que le premier X-Men cartonne au box-office, Brian Yuzna (Society) se laisse lui aussi emporter par la nouvelle vague de films de super-héros lancée par Blade et The Matrix en réalisant Faust: Love of the Damned. Si le héros du titre – interprété par Mark Frost – a vendu son âme au diable à l’instar de Spawn, il possède de longues lames/griffes comme Wolverine et souhaite venger la mort de sa petite amie comme Eric Draven. Cette relecture d’un conte populaire allemand est en fait une adaptation d’un comic publié à partir de 1987. Jeffrey Combs (Re-Animator) fait également partie de la distribution et incarne un lieutenant de police qui enquête sur une série de meurtres sanglants touchant les hautes sphères de la société. On reconnaît la signature de Yuzna et ses élans vers le gore démonstratif et pervers, mais aussi ses maladresses habituelles (sa mise en scène étant souvent un peu flat). Anecdote intéressante: Faust: Love of the Damned est la première production du label espagnol Filmax’s Fantastic Factory, à l’origine entre autres de Dagon de Stuart Gordon, ainsi que Darkness de Jaume Balagueró.

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Ichi the Killer (2001) de Takeshi Miike

Produit la même année que Visitor Q, Ichi the Killer (version anglaise de Koroshiya 1) de Takashi Miike est inspiré d’un manga d’Hideo Yamamoto (Homunculus). Comme à son habitude, le cinéaste japonais nous propose une bizarrerie ultraviolente mettant en scène des yakuzas, des tortures insoutenables, du sadisme sexuel et un humour potache. Considéré par certains comme le film le plus extrême du réalisateur (des sacs à vomi auraient été distribués aux spectateurs lors de l’avant-première du film au festival de Toronto en 2001), Ichi the Killer raconte – en gros – l’affrontement entre un tueur sexuellement troublé (dès la scène d’ouverture, on voit ce dernier se masturber en observant un homme battre sa femme) et un yakuza à la bouche fendue, un peu comme le Joker de Nolan, mais qui n’aurait pas cicatrisé (les plaies étant retenues par des piercings). Au-delà des deux personnages principaux, on est heureux de retrouver au casting le grand Shinya Tsukamoto, le réalisateur de Tetsuo et Tokyo Fist, dans un rôle central, mais mystérieux. Immoral et chaotique, Ichi the Killer est une expérience pelliculée surréaliste à ne pas mettre entre toutes les mains.

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Hellboy (2004) de Guillermo del Toro

Deux ans après avoir réalisé la suite de Blade, Guillermo del Toro s’attèle à nouveau au genre super-héroïque en adaptant les populaires bandes dessinées créées par Mike Mignola: Hellboy. Dans le rôle-titre, Ron Perlman (Season of the Witch) doit combattre de méchants nazis, ainsi que des créatures tout droit sorties d’une nouvelle de H.P. Lovecraft. Moins violent, mais mille fois plus réussi que le navet de Neil Marshall, le cinéaste mexicain parvient à respecter l’esprit de la création de Mignola tout en y injectant sa propre sensibilité et ses préoccupations artistiques. Un exercice qui sera moins réussi pour la suite, Hellboy II: The Golden Army, flirtant davantage avec la fantasy et le mélodrame à l’image d’El laberinto del fauno.

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Constantine (2005) de Francis Lawrence

Tiré des comics Hellblazer, le personnage de John Constantine (Keanu Reeves) est à la fois un magicien, un occultiste et un exorciste qui a réchappé à la mort suite à une tentative de suicide. Afin de sauver son âme de la damnation éternelle (parce que se suicider, c’est pas bien), cet antihéros s’est donné pour mission de combattre les démons qui violent la trêve signée entre le ciel et l’enfer. Souvent perçu comme un sous-Matrix satanique, Constantine aurait subi les foudres de la censure américaine, ce qui, selon son réalisateur Francis Lawrence, aurait commercialement tué le film (et déçu les fans). N’empêche, le scénario est bourré de bonnes idées, appuyées par une très belle direction artistique et un casting solide (Rachel Weisz, Tilda Swinton, Shia LaBeouf, Peter Stormare, Djimon Hounsou). Bref, Constantine est probablement l’un des titres les plus faibles de la présente compilation, mais vaut tout de même la peine d’être revu quinze ans après sa sortie.

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Man-Thing (2005) de Brett Leonard

Un nouveau shérif dans une petite ville d’une région isolée de la Floride, une succession de disparitions étranges et de meurtres crapuleux, et enfin, l’apparition d’une créature terrifiante errant dans les marais: le Man-Thing de Brett Leonard (The Lawnmower Man, Hideaway, Feed) réunit tous les ingrédients classiques des monsters movies qui pullulent sur nos écrans depuis l’invention des ciné-parcs. Si ce n’était de la marque de Marvel qui apparaît dès le début du générique, il serait difficile de savoir que ce film est une adaptation d’un personnage de comics créé dans les années 70 – et souvent confondu avec Swamp Thing. Il faut dire que cette production s’éloigne de l’œuvre originale: au lieu d’être un scientifique qui s’est injecté un super-sérum, la créature est ici une incarnation de la nature liée aux légendes amérindiennes qui déclare la guerre à une compagnie pétrolière détruisant l’écosystème de la région. Un long métrage pas très original et loin des poncifs du genre super-héroïque, mais qui livre tout de même la marchandise.

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