[TIFF 2019] Parasite: le rêve d’une vie

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4.5
Note Horreur Québec

Dans les dernières années, Bong Joon-ho (Okja, Snowpiercer, The Host) a su se tailler une place de choix dans le coeur des amateurs du cinéma de genre avec des oeuvres originales qui défient les conventions. Le cinéaste parvient à dépeindre une réalité souvent froide et cruelle à travers des tableaux aussi fantaisistes qu’horrifiants. Parasite, grand gagnant de la Palme d’Or lors de la 72e édition du festival de Cannes et présenté cette année au TIFF, n’en fait pas exception. Bong nous offre une vision viscérale du gouffre qui sépare les classes et de la douleur suffocante de ne pouvoir s’en affranchir.

Parasite affiche filmLe film débute avec un regard quasi mondain sur la pauvreté accablante de la famille Kim, pour qui cette affliction fait partie intégrale de leur quotidien. À travers leur misère, le groupe nous apparaît résilient, se réjouissant d’un rien et faisant preuve de savoir-faire, de détermination et d’une rare habileté à manipuler toute situation à son avantage. Quand leur jeune fils (Choi Woo-sik) apprend qu’une famille plus aisée est à la recherche d’un tuteur pour leur fille, les Kim y voient une chance d’améliorer leur statut, et de fil en aiguille, s’immiscent dans la vie de leur nouvel employeur. Ayant goûté au luxe qu’ils ne peuvent jamais s’approprier, ils devront faire face aux limites de leur désir et de ce qu’ils sont prêts à faire pour l’obtenir.

Il serait difficile de catégoriser ce film, qui manipule aussi bien les genres que les émotions, passant habilement du rire aux larmes, tout en maintenant un suspense continu. Parasite se joue comme une bombe à retardement; un malaise qui laisse entendre que si tout se passe trop bien, c’est qu’on approche le point de rupture. Le vrai génie de Bong, c’est d’avoir réussi à construire une histoire aussi exaltante sans aucun réel antagoniste. L’homme nous offre ici des personnages humains et réalistes, complices malgré eux d’un système conçu pour les opprimer. Le tout est joué par des interprètes sans reproche, notamment Song Kang-ho dont la performance nuancée porte la charge émotionnelle du film jusqu’à son apogée explosive.

Parasite est une oeuvre quasi parfaite qui transcende les cultures en offrant un regard perçant sur le classicisme et le dégoût de la société envers les plus défavorisés. Il est préférable de l’approcher sans trop savoir à quoi s’attendre et de se laisser éblouir par toutes ses surprises.

Parasite arrive en salle le 18 octobre prochain.

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