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[Critique] Doctor Strange in the Multiverse of Madness: le retour à la maison de Raimi (ou comment s’empêtrer dans la toile du MCU) 

On va se dire les vraies affaires: dans le fond, si vous lisez ceci, c’est que vous voulez savoir si notre p’tit Sam Raimi chéri a fait de cet énième blockbuster de la MCU un film d’horreur. Eh bien, disons que la réponse est oui et non. Et que cette fable qui mêle aussi fantastique et science-fiction est autant un divertissement qu’une série de tableaux (trop) léchés. Donc, ça raconte quoi, ce Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Docteur Strange dans le multivers de la folie), écrit par le scénariste de Loki (Michael Waldron)?

Suite aux événements de Doctor Strange (2016), Thor: Ragnarok (2017), Avengers: Infinity War (2018) et Avengers: Endgame (2019), mais surtout de Spider-Man: No Way Home (2021), la minisérie WandaVision (2021) et le mariage de son ex Christine (Rachel McAdams; Red Eye), l’ex-chirurgien devenu superhéros/magicien Stephen Vincent Strange (Benedict Cumberbatch; The Hobbit) doit faire équipe avec Wong (Benedict Wong; Prometheus), maintenant le Sorcier Suprême (Supreme Sorcerer en VO). Pourquoi? Afin de protéger des griffes de Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen; Godzilla 2014), alias la Sorcière Rouge (Scarlet Witch en VO) la jeune America Chavez (Xochitl Gomez), qui détient un puissant pouvoir: se déplacer dans le multivers. S’en suivent moult péripéties et pas mal d’effets de type CGI.
Doctor Strange in the Multiverse of Madness affiche film

Raimi disait en entrevue avoir eu le champ libre pour faire ce qu’il voulait sur ce «film d’horreur», malgré les contraintes imposées par le studio. En vrai, un film de la MCU, c’est de la peinture à numéro. Pour s’éviter les foudres des fans les plus zélés, tout employé de Marvel/Disney doit absolument s’assurer de prendre en compte TOUT ce qui s’est passé avant (et ce, autant dans les séries que dans les longs-métrages) EN PLUS DE ce que le studio envisage pour la suite de son monde.

C’est sans parler des petits clins d’œil et autres éléments de fan service qu’on se doit d’insérer ici et là (c’est clairement au contrat), tel que la présence d’un autre célèbre et familier docteur qu’on voit à peine passer. On devine que ça ne doit pas être très stimulant de bosser avec ce genre de carré de sable trop bien balisé, quoique fort joliment mis en musique par le compositeur préféré de Tim Burton, le grand Danny Elfman.

Quand bonheur rime avec terreur

Heureusement pour nous, durant les deux heures et demie que dure son premier film horrifique en 13 ans, Raimi a tenu à référencer abondamment son cinéma, en particulier ses deux Evil Dead et son Army of Darkness, et ce, à plusieurs reprises. Si on avait reconnu son style à certains moments dans ses trois Spider-Man (2002-2007), cette fois-ci, il s’est pas mal gâté (et nous aussi).

Après une intro épique et des plus cauchemardesques, Strange et Wong terrassent une gargantuesque et destructrice créature lovecraftienne qui se fait jouissivement énucléer. Joie. Ensuite, il est question de magie noire et d’un livre maléfique (ici: le Darkhold) qui ressemble pas mal au livre des morts ou Necronomicon Ex-Mortis. Cool. Ensuite, lors de la première bataille avec cette Sorcière bougeant comme une deadite, on se remémore joyeusement les combats médiévaux et ténébreux du Raimi d’il y a trois décennies.

Lorsque les portes se ferment toutes seules et que les miroirs se brisent, avec des cadrages asymétriques ou une caméra démoniaque, on recule encore de 5 ans en souriant. Et que dire du caméo de luxe de Sir Bruce de la Campbell, qui est ni plus ni moins que savoureux (on vous garde la surprise).

Plisser du nez

Cependant, tenter de faire rire et d’effrayer presque dans la même scène, c’est une entreprise tout de même risquée. Même si on a des acteurs et actrices compétentes et un budget plus que décent (lire: les moyens de façonner des images saisissantes, bien souvent en mode trip psychédélique). Étrangement, la version morte-vivante du bon docteur est en quelque sorte un mélange entre Evil Ash, le Michael Jackson de Thriller et surtout William «Billy» Butcherson, le personnage que joue Doug Jones (l’acteur fétiche de Guillermo del Toro) dans Hocus Pocus. Genre. Mais pourquoi référencer des films comme Total Recall ou Carrie (même si une Wanda au visage ensanglanté, c’est beau en maudit)? On n’a pas trop compris. M’enfin. On aurait tout pardonné si on était arrivé à nous toucher et/ou réellement nous impressionner.

Est-ce que les abonnés de la MCU vont tripper? Vraisemblablement que les multiples bonbons qu’il contient plairont. Est-ce que ceux et celles qui espéraient voir (enfin) quelque chose de différent porté par un cinéaste d’exception? Pas clair. Tout comme le multivers, dans lequel on risque de s’emmêler la plupart du temps, surtout qu’aujourd’hui, la concision n’est plus ce qu’on pourrait qualifier de mètre étalon. Dans le temps de Back to the Future 2, tout était très simple pourtant, tant en termes de durée que de chronologie/emplacement des événements, hein… 😉

Au final, le multivers, ce n’est qu’un mot-valise, voire un prétexte, donnant carte blanche à Marvel pour attacher toutes les histoires disparates (car écrites par tellement de scénaristes différents) qu’ont vécues en parallèle et au fil des ans/époques ses nombreux personnages depuis 1939. Dommage que chez Marvel, le concept n’ait jamais été mieux exploité que dans le film animé Spider-Man into the Spider-Verse (2018; la suite s’en vient l’an prochain).

Note des lecteurs3 Notes
Points forts
On reconnait ici et là la patte de Raimi et c’est l’fun en maudit.
Points faibles
On aurait aimé que Raimi ait VRAIMENT carte blanche (pourquoi pas un vrai rôle pour Campbell, hein?).
Le cahier de charge beaucoup trop exhaustif de n’importe quel film estampillé MCU, rendant tout hélas formaté.
Le concept de multivers qui aurait pu être mieux exploité.
3
Note Horreur Québec

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