firestarter charlie

[Critique] Firestarter (2022): un amusant feu de paille

Présenter la même semaine dans les salles québécoises Les Innocents et Firestarter (Charlie), deux récits à propos d’enfants dotés de pouvoirs, n’est aucunement à l’avantage de ce dernier. En effet, cette relecture du roman de Stephen King n’arrive pas à la cheville du film de Eskil Vogt. Si vous avez un choix à faire, n’hésitez pas. Pourtant, l’annonce de Keith Thomas (The Vigil) à la réalisation nous permettait beaucoup d’espoir.

La fillette de deux volontaires pour un programme de recherches scientifiques se met à développer des dons pyrokinétiques. La famille devra alors fuir une agence gouvernementale voulant étudier l’enfant.
Firestarter affiche film

Si intéressant fut le roman à sa sortie en 1980, Firestarter n’en était pas moins très similaire, sans contenir exactement la même vigueur, à Carrie, où le refoulement religieux menant à une explosion des pouvoirs de l’adolescente lors du bal proposait des observations psychologiques fascinantes qui dénonçaient certains tourments religieux. La petite Charlie utilise ses pouvoirs dans des situations de détresse ou de colère, mais le lecteur a moins d’os à gruger. Déjà, sur papier, Firestarter faisait un peu figure de Carrie des pauvres. L’idée ne s’est que validée suite à la sortie de l’adaptation cinématographique de Mark L. Lester en 1984, impossible à comparer avec le chef-d’œuvre de De Palma paru huit ans plus tôt.

Ce qui empêche ce nouveau Firestarter d’être une réussite, c’est le scénario de Scott Teems qui tente à tout prix de tronquer le roman pour le faire cadrer dans une durée de 95 minutes. Cette démarche empêche le travail scénaristique de pénétrer l’œuvre de King pour en déterrer sa véritable étymologie. Le roman positionnait l’enfant au centre des concepts manichéens, qui sont la bénédiction ou encore la malédiction. Ce dernier long-métrage aborde à peine cette souche de conflits. Par ailleurs, les personnages secondaires sont stéréotypés et manquent d’épaisseur.

Il reste que le résultat, si statique soit-il, n’est pas si déplaisant à regarder. La mise en scène réussit à tisser un climat oppressant et ce en partie grâce au travail de Karim Hussain sur la photographie ainsi qu’à l’envoûtante musique du trio John Carpenter, Cody Carpenter et Daniel A. Davies, qui n’est pas sans rappeler celle d’Halloween. À défaut d’être totalement en contrôle, Thomas rend son film très austère et l’approche vaut à elle seule le visionnement.

Par ailleurs, Zac Efron (Extremely Wicked) est étonnamment crédible dans le rôle d’un père insécure, et la petite Ryan Kiera Armstrong (American Horror Story) est excellente en Charlie. Dommage toutefois que le toujours grandiose Michael Greyeyes (Fear the Walking Dead, Blood Quantum) ne bénéficie pas d’un rôle plus étoffé. En quelques minutes d’écran seulement, il est tout simplement impérial.

Au final, Firestarter reste un film rempli de défauts qui ne deviendra jamais un classique, mais qui a le mérite d’être divertissant.

Note des lecteurs4 Notes
Points forts
L'ambiance oppressante
Les acteurs habités
Points faibles
Le scénario trop brouillon
La trop courte durée
3
Note Horreur Québec

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