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[Critique] We Need to Do Something: confinement apocalyptique

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3
Note Horreur Québec

Nous devons faire quelque chose. Cette injonction restera sans réponse dans le second long-métrage de Sean King O’Grady, un huis clos où une famille de quatre est enfermée… dans une salle de bain, leur refuge improvisé suite à une alerte à la tornade. Une fois la tempête passée, toutefois, nos protagonistes réalisent qu’un arbre s’est abattu sur leur maison et qu’il bloque la seule sortie de la petite pièce où ils se trouvent. Alors que les jours se succèdent et que tout ce beau monde semble prêt à se sauter à la gorge, il devient évident que les secours ne viendront pas et que ce qu’ils avaient pris pour une tornade s’avère être… autre chose.

Vinessa Shaw (Hills Have Eyes) et Pat Healy (The Innkeepers, Cheap Thrills) incarnent ici un couple qui bat de l’aile. Lui est alcoolique, elle l’a trompé et est fin prête à le quitter. We Need to Do Something adopte toutefois principalement le point de vue de leur fille adolescente, Melissa (Sierra McCormick, vue l’an dernier en tête d’affiche de l’excellent The Vast of Night). C’est par ses yeux que le récit fera quelques incartades hors de son huis clos, via des flashbacks où notre protagoniste se demande si elle ne sera pas responsable de la situation épineuse dans laquelle se trouve sa famille. Cette exploration de la culpabilité est d’ailleurs plus ou moins bien intégrée à l’ensemble.

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Qu’il ait été conçu ou non en réaction à la pandémie, We Need to Do Something risque de connecter avec le spectateur par son exploration d’un confinement prolongé et des tourments psychologiques qu’il engendre. Les personnages se trouvent sous un voile d’ignorance quant à la menace qui pèse sur eux. Même lorsque quelques manifestations surnaturelles se mêlent au récit, dont une en particulier qui pourrait bien rendre ce film viral lors de son arrivée en streaming, O’Grady fait le pari du hors champ lovecraftien. Ce qui se déroule de l’autre côté de la porte de leur prison est rendu par un design sonore intriguant, incluant une voix lugubre qui appartient à… Ozzy Osbourne!

Le film évoque une version minimaliste de Color Out of Space, étudiant la désintégration d’une famille devant des forces cosmiques hors de son contrôle. We Need to Do Something infuse son film d’une ambiance grotesque: Pat Healey, en particulier, fait dans l’interprétation outrancieuse. O’Grady exploite chaque angle de son décor exigu afin d’imager les dynamiques familiales et de réinventer les prises de tête constantes de ses protagonistes. On devient aussi las qu’eux de cette proximité forcée qui mène, sans surprise, à l’effondrement mental du patriarche.

Ce huis clos grandguignolesque est porté par son quatuor d’acteurs, sa capacité à entretenir le mystère et sa mise en scène. C’est un gros mood qui fait le mieux de son script correct sans plus. We Need to Do Something sait gagner et conserver notre attention, ce qui augure bien pour les futurs projets de son jeune réalisateur.

We Need to Do Something - Official Trailer | HD | IFC Midnight

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