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Down a Dark Hall: une huître sans perle
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Une jeune fille un peu délinquante est envoyée dans un pensionnat isolé. Si la rencontre du corps enseignant et ses promenades dans les couloirs lugubres sont déjà inquiétantes, de mystérieuses forces viendront bientôt perturber les jeunes étudiantes lorsque chacune développera une aptitude artistique démesurée.

C’est la romancière de la franchise Twilight, Stephanie Meyers, qui a produit cette adaptation d’un célèbre ouvrage de Lois Duncan intitulé Blackwood. Nous étions donc en droit à nous attendre à un récit où l’horreur serait édulcorée à la sauce «ados en rut». À ce titre, le scénario de Chris Sparling et Mike Goldbach évite les pièges de l’adolescence. Cependant, s’ils conservent la trame principale du roman, on ne peut pas dire qu’ils rendent justice à l’œuvre littéraire.

Chaque montée de tension est offerte sans détail, sans suspense et sans matière. C’est comme si on avait hâte d’en finir. Peut-être a-t-on exigé un montage plus serré afin de mieux vendre le film, mais les concernés ont probablement occulté volontairement certains segments du roman pour séduire une clientèle plus jeune, chez qui l’action et les montages épileptiques font fureur. Il serait abusif de dire que le collage de scènes est hachuré à outrance, comme dans la franchise Saw par exemple, mais on ressent que c’est l’effet qui l’emporte sur la nuance. Il aurait fallu insister davantage sur différentes particularités pour donner plus de reliefs aux découvertes que l’on fait dans le manoir. Exhiber la clé de l’énigme de manière aussi brouillonne n’aide en rien. Les auteurs parachutent une résolution de manière si expéditive qu’il est impossible d’y ressentir la moindre fascination.

La réalisation solide de Rodrigo Cortés (Buried, Red Lights) camoufle plusieurs faiblesses du scénario en jouant un maximum avec les décors gothiques du manoir. Alors que sa caméra chemine à travers les couloirs, le cinéaste crée un climat menaçant dans presque chaque scène. Dommage que cet état de suspense ne débouche que très peu. Le cinéaste nous a pourtant habitué à ce type de productions plus génériques qui finissent par faire du surplace. En transposant un style typiquement européen, Cortés livre un film à mi-chemin entre Suspiria et la saga d’Harry Potter. Devant son emballage chromé, ce beau cadeau qu’on nous propose est une boîte assez vide.

Comme à son habitude, le maître espagnol est allé chercher des acteurs chevronnés pour défendre son film. Uma Thurman (Kill Bill, The House That Jack Built) compose une savoureuse institutrice et la jeune AnnaSophia Robb (Bridge to Terabithia) est charismatique et convaincante.

 

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