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[Littérature] «Anna Caritas: Le sacrilège» : Ouija? Nonja!
8Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (4 Votes)
8.3

La petite ville de Saint-Hector est surtout connue pour le collège Anna Caritas, un prestigieux collège privé qui comprend aussi un pensionnat. Mais lorsqu’une vedette de rock et sa compagne sont retrouvées mortes dans leur somptueuse demeure au bord du lac, les habitants de Saint-Hector sont sous le choc. Surtout que Marianne, la fille unique du musicien et unique survivante, traîne une réputation de sorcière. Deux ans plus tard, Marianne Roberts est de retour à Anna Caritas, et les commérages vont bon train. William Walker ne croit pas à ces histoires. Sauf qu’un soir où il joue à Ouija avec des amis, d’étranges phénomènes surviennent et Marianne semble liée à ces événements. William et ses amis, Anthony et Gabrielle, se retrouvent alors plongés au cœur de l’horreur et ils n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers la présumée sorcière pour obtenir de l’aide…

Il y a peu de romans d’horreur pour ados qui se publient au Québec. C’est pourquoi il convient de souligner ceux qui se démarquent par leur qualité. Et Anna Caritas: le sacrilège est de ceux-là. Patrick Isabelle tisse sa toile, et le lecteur se retrouve rapidement pris au piège d’une intrigue diabolique qui ne laisse personne indemne.

Après un prologue qui met la table pour présenter Saint-Hector et ses habitants, ainsi que le très sélect collège Anna Caritas, l’auteur ne perd pas de temps à instaurer un climat angoissant. La montée dramatique des cinq premiers chapitres est exemplaire et culmine avec une scène de Ouija à donner des cauchemars. On sent la tension chez les personnages, et elle est transmise efficacement au lecteur.

Les choses se gâtent un peu au milieu du roman, alors que William et ses amis sont davantage dans l’attente de nouveaux phénomènes. Pour être franc, le livre aurait gagné à être raccourci d’une quarantaine de pages, question de resserrer un peu plus l’intrigue. La direction littéraire aurait pu être plus exigeante à ce sujet. De la même manière, la révision linguistique a laissé passer quelques expressions malhabiles, et quelques répétitions agaçantes. Rien pour gâcher la lecture, mais quand on est habitué au rythme et à l’écriture de Patrick Isabelle, c’est le genre de détails qu’on remarque. Et dans un roman d’horreur, même ces détails ont leur importance.

Ceci étant dit, on se rattrape avec la finale qui reprend sensiblement les procédés mis en place au début du roman, mais à beaucoup plus grande échelle. Et la chute ouvre la porte à un tome 2 extrêmement prometteur. Patrick Isabelle connaît ses classiques horrifiques, tant en littérature qu’en cinéma, et on sent tout à fait son amour pour le genre. Évidemment, on est dans le roman pour les jeunes ados de 12 à 14 ans, donc il n’y a pas de détails gore et de violence excessive, mais l’auteur parvient quand même à jouer avec les nerfs de son lecteur.

Saluons donc la volonté de Éditions les Malins de proposer du roman d’horreur de qualité aux ados québécois et soulignons le travail de Patrick Isabelle, qui redonne ses lettres de noblesse à un genre trop peu souvent présent en littérature jeunesse. Espérons que d’autres auteurs seront approchés pour bonifier ce volet du catalogue de l’éditeur !

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