[Critique] La malédiction de Jonathan Plourde: erreur dans la formule magique

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Note Horreur Québec

Jonathan Plourde (Félix-Antoine Duval, Victor Lessard II) est vraiment malchanceux en amour: toutes ses copines meurent dans d’étranges circonstances. Il semble affligé d’une malédiction, et deux de ses collègues vont tenter de l’aider à conjurer le mauvais sort et découvrir qui est derrière celui-ci.

Présentée en première sur la chaîne Super Écran et réalisée par Martin Cadotte (Toi et moi), La malédiction de Jonathan Plourde adopte un ton parfois bon enfant et parfois sérieux. La création imaginée et scénarisée par Stéphane Lapointe (Tout sur moi, Faits divers), en collaboration avec Marie-Sissi Labrèche (Borderline), Pierre-Marc Drouin (Le Siège) et Philip Rodrigue (Marche à l’ombre) donne l’impression de se chercher une identité sans jamais pleinement l’assumer. La série aborde effectivement plusieurs genres en sautant du récit policier au thriller surnaturel en passant par la comédie romantique. De plus, à chaque fois que l’aspect fantastique est abordé, les créateurs ne semblent jamais aller au bout de leur idée et abordent le propos avec prudence. Ils auraient dû faire confiance au public, car il est capable d’en prendre.

Un autre problème majeur de la série est son personnage principal, égocentrique et imbécile à souhait. Difficile de s’attacher à un être aussi antipathique, mais, par chance, ses compagnons sauvent la mise. Simon Lacroix (Lâcher prise) se démarque du lot en agissant comme comic relief: il est parfois niaiseux, mais toujours sympathique. C’est d’ailleurs lui qui sert aux spectateurs les meilleures répliques. Laetitia Isambert (Grande Ourse) est tout à fait charmante en jeune fille obsédée par les sciences occultes et folle amoureuse de Jonathan. Elle a été parfaitement choisie pour camper ce rôle. Ces deux acteurs apportent un petit je-ne-sais-quoi qui évite le tout de sombrer dans la catastrophe.

La malédiction de Jonathan Plourde

Un autre irritant est le manque de naturel des dialogues, qui semblent souvent forcés dans la bouche de jeunes adultes, ce qui finit par agacer. Aussi, les spectateurs ne sont pas à l’abri de nombreux clichés poussiéreux. Par exemple, la conjointe enceinte de Lacroix est carrément une Line-la-pas-fine des pauvres. Par son caractère castrant et contrôlant, elle n’est effectivement qu’un grotesque calque du personnage mythique incarné par Catherine Trudeau dans Les Invincibles. Son personnage souffre d’une totale absence de substance. De plus, le fait que les sentiments amoureux de Marianne (Laetitia Isambert) soient si évidents et que lui ne s’en rende pas compte est complètement risible. On n’y croit pas du tout!

On se doit de souligner le générique tout droit sorti d’une mauvaise série des années 90: c’est complètement raté. Qui a bien pu approuver ce genre de graphisme? Cela étant dit, la photographie réussit à présenter de splendides plans de la ville d’Ottawa tout au long des épisodes.

Évidemment, la finale n’a rien de surprenant et frôle le ridicule par ses bons sentiments. Au générique de la fin de la saison, plusieurs questions restent sans réponses, mais rendu là, on s’en fout un peu. À fuir!

La malédiction de Jonathan Plourde est disponible en rappel sur la chaîne Super Écran et le sera également sur la chaîne Vrak à l’automne 2019.

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