[Littérature] «La surdose de l’âme: le livre blanc»: surfer sur l’indétermination

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Alors qu’ils s’attendent à retrouver leur ancien groupe de dix personnes pour des retrouvailles après plus de dix ans, trois amis commencent à s’interroger sur les raisons de leur absence. Plus ils tentent de percer les mystères devant eux, plus ceux-ci semblent s’épaissir et offrir des hypothèses plus que terrifiantes.

Paru en octobre dernier chez Essor-Livres Éditeur, ce premier volet de cette histoire qui comptera deux parties mérite qu’on s’y attarde. Il y a différents types de romans pour différents lecteurs et ce premier tome de La surdose de l’âme: le livre blanc est ce que nous appellerons une véritable transe. Il ne s’agit pas d’un roman d’épouvante plus classique, mais d’une trame que l’écrivain nous insère malgré nous (ou avec notre consentement) sous la peau pour faire claquer nos os.

Nous sommes confrontés à un auteur extrêmement prometteur qui nous gifle avec son premier roman. L’exercice qu’il nous a pondu pourrait rivaliser avec celui de grands auteurs français. On a parfois l’impression que son style vole la vedette à l’intrigue et ce n’est en aucun cas pour ralentir cette dernière, mais plutôt pour permettre à ses lecteurs de s’envoler au même titre que ces personnages qui consomment des substances. Difficile de comprendre ce spleen macabre avant d’y avoir mis le nez, ce que nous vous recommandons de faire. Dès qu’on a tourné la dernière page, on s’amuse à y relire des passages en diagonale pour y approfondir notre lecture.

Williams S. Burroughs a dit un jour: «Un écrivain ne peut décrire qu’une seule chose: ce que ses sens perçoivent au moment où il écrit.». Il serait très amusant d’appliquer cette citation au lecteur du roman de F. Leroy. Que ressentons-nous face à la lecture de cette histoire qui pourrait faire une jonction entre Franz Kafka et David Lynch?

La surdose de l’âme: le livre blanc offre une multitude d’intrigues qui s’enchâssent les unes dans les autres comme des poupées russes de l’étrange sans jamais nous faire perdre l’intérêt, même si plusieurs réponses ne sont pas au rendez-vous. Un mode d’emploi à la manière de celui laissé par David Lynch à la projection de Mulholland Drive, avec dix indices pour déchiffrer l’ensemble aurait été apprécié. Il n’en reste pas moins que l’indétermination n’est que rarement aussi captive. Frôlant l’intrigue policière, le romantisme et l’horreur, l’auteur nous manipule en ponctuant son récit d’œuvres d’art qu’il décrit avec la finesse d’une caméra.

Si vous n’avez pas peur de parcourir quelque chose de différent, cette déconstruction de plusieurs genres devrait happer sans problème.

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